Le plan de l’exécutif contre la pénurie de main-d’œuvre

Le gouvernement s’attaque aux pénuries de main-d’œuvre, qui grippent la chaîne de production dans un nombre croissant d’entreprises. Lundi 27 septembre, Jean Castex devait se rendre à Châtellerault (Vienne) pour dévoiler un « plan de réduction des tensions de recrutement ». Au cœur des annonces du premier ministre, il y a un nouvel effort des pouvoirs publics pour former des salariés et des chômeurs. Cette démarche comporte un volet spécifique en faveur des « demandeurs d’emploi de longue durée », dont les détails devaient être donnés par la ministre du travail, Elisabeth Borne, à l’occasion d’un déplacement à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

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Avec le rebond de la croissance, de plus en plus de patrons se plaignent de ne pas trouver le personnel dont ils ont besoin, en particulier dans le bâtiment, l’hôtellerie-restauration, le transport routier de marchandises et les services d’aide à domicile. Une telle situation préoccupe l’exécutif, car elle risque d’entraver le redémarrage de l’activité, tout en mettant – à nouveau – en exergue un cruel paradoxe : d’un côté, des postes vacants – de l’ordre de 300 000, selon la Banque de France – ; de l’autre, des demandeurs d’emploi dont les effectifs, au deuxième trimestre, restent supérieurs à ceux des trois derniers mois de 2019.

M. Castex entend remédier à ce problème qui a pris une « dimension exacerbée », affirme-t-il dans un entretien au quotidien Les Echos de lundi. Le premier ministre cherche également à répondre aux attentes des industriels qui vivent des transformations majeures, sous l’effet de la transition écologique et de la digitalisation de l’économie (automobile, aéronautique…). Il veut, enfin, relancer des individus éloignés du monde du travail et prévenir le risque de déclassement chez des salariés dont les savoir-faire seront bientôt obsolètes.

Stimuler le dispositif « transitions collectives »

Sur 2021 et 2022, quelque « 1,4 milliard d’euros supplémentaires » vont être « mobilisés » pour adapter le niveau de qualification de personnes en activité et de chômeurs, indique M. Castex dans Les Echos, en précisant qu’il s’agit d’un redéploiement de « crédits d’urgence (…) budgétés pour la gestion de la crise ».

D’après le chef du gouvernement, près de 43 % de cette enveloppe (soit 600 millions d’euros) sera allouée à la formation d’environ 350 000 travailleurs supplémentaires, le but étant de leur apprendre de nouvelles techniques de production. Au passage, l’exécutif en profite pour stimuler le dispositif « transitions collectives », qui peine à décoller depuis son lancement en début d’année : ciblé sur la reconversion de salariés dont le métier est menacé, cet outil va être simplifié et pourra être utilisé dans le cadre de ruptures conventionnelles collectives – une procédure qui permet à un chef d’entreprise de se séparer de collaborateurs sur la base du volontariat.

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