Le poulpe, gentil géant d’un livre pour enfants

L’histoire aurait très bien pu être racontée avec un chien, un chat, ou tout autre grand classique du bestiaire des livres pour enfants. Mais voilà, l’animal qui déboule, un beau matin, dans (ou plutôt sur) la maison du petit narrateur, c’est un poulpe. Un poulpe géant, orange fluo, qui s’écrase sur le toit et dont les tentacules dégoulinent le long des murs de cette jolie bicoque de bord de mer.

« Poulpe et compagnie », de Peter Bently et Steven Lenton.

Personne ne veut de lui, jusqu’à ce que les enfants – évidemment – lui découvrent des qualités insoupçonnées : tour à tour équipe de foot à lui tout seul, toboggan géant, jardinier de fortune, aide ménager… Progressivement, le poulpe est adopté par toute la communauté, qui regardait jusqu’alors cet intrus du coin de l’œil : « Tout le monde nous disait : Comme nous aimerions avoir un poulpe, nous aussi ! (Sauf le pâtissier du village, Omar, qui disait : “J’aimerais mieux avoir un calamar.”) »

Mieux qu’un chat ?

Au passage, prévoir un petit tour préalable par le dictionnaire pour pouvoir crânement répondre à la question que votre enfant, comme vous, se posera à la lecture de cette phrase. « Le calamar, vois-tu mon petit, est un mollusque céphalopode comme le poulpe, mais il appartient au sous-ordre Decabrachia, et possède donc dix bras, soit deux de plus que son cousin. »

Une fois évacué cet étalage de pseudo-science parentale, l’on pourra s’interroger sur le choix des auteurs de porter aux nues cette drôle de bestiole à ventouses : pure loufoquerie ? Esthétisme graphique ? Un peu des deux. Et sans doute aussi l’influence d’un mouvement de fond (marin) qui tend à valoriser les ressources intellectuelles insoupçonnées du céphalopode. Votre enfant réclame un chat ? Orientez-le vers le poulpe (mais pas en salade !).

« Poulpe et compagnie », de Peter Bently et Steven Lenton, traduit par Marguerite de Joux, éd. Glénat Jeunesse, 32 p., 13 €. Dès 3 ans.