« Le Prix du sang : vingt ans de guerres françaises » : des opérations militaires extérieures à quel prix ?

En vingt ans d’opérations militaires extérieures, près de 300 soldats français ont perdu la vie. Image extrait du documentaire .

FRANCE 5 – DIMANCHE 10 – 20 h 55 – DOCUMENTAIRE

« Tombé au combat ». Derrière la sécheresse de l’expression, les proches des soldats décédés vivent dans un univers de douleur et d’interrogations sans fin. « La mort de mon fils a-t-elle servi à quelque chose ? » Cette question hante ce documentaire qui ambitionne d’insérer l’armée dans le débat public.

Auteurs de ce programme consacré aux guerres menées depuis vingt ans par les troupes françaises et aux raisons de leur implication, Alain Pirot et Coraline Salvoch ont réussi, en dépit de multiples obstacles, à faire témoigner face caméra de nombreux témoins : responsables politiques, haut gradés, anciens soldats, parents ayant perdu leur fils.

Deux années de travail

Sans oublier un ancien président de la République en la personne de François Hollande. Une parole nécessaire pour éclairer le contexte car, en France, la lourde décision d’intervenir militairement et de retirer les troupes n’appartient pour finir qu’au locataire de l’Elysée. En France, la guerre est d’abord une affaire de président.

Il a fallu près de deux années de travail aux auteurs pour construire ce film qui alterne images d’archives, dont de violents combats dans les montagnes afghanes ou la poussière du Sahel tournées par les soldats eux-mêmes, souvenirs de ministres de la défense en poste à l’époque (Michèle Alliot-Marie, Hervé Morin, Gérard Longuet), explications bienvenues de chefs d’état-major au franc-parler inhabituel face caméra, témoignages troublants d’anciens soldats racontant les dysfonctionnements sur le terrain.

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En vingt ans d’opérations militaires extérieures, près de 300 soldats français ont perdu la vie. Au fil des années, un événement marque une cassure dans l’opinion publique : celui survenu les 18 et 19 août 2008, lors de l’embuscade d’Uzbin, en Afghanistan, à l’est de Kaboul. Dix soldats français y perdirent la vie. Les plus lourdes pertes militaires françaises depuis 1983. Le documentaire revient sur ce drame et rappelle que, pour la première fois, des familles de soldats tués portèrent plainte contre X pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Plainte classée sans suite des années plus tard.

D’autres révélations concernant les limites logistiques et matérielles de l’armée sur le terrain ont de quoi surprendre. Parmi les témoins interrogés, François Cornut-Gentille, député LR, membre de la commission des finances et auteur de plusieurs rapports détaillés sur les opérations militaires françaises.

En mars 2017, son rapport sur le transport stratégique fait du bruit : « On a des Rafale, le Charles-de-Gaulle, on sait tout faire. Mais on dépend des Russes et des Ukrainiens pour mener le combat ! On serre la vis budgétaire sur ce qui ne se voit pas trop : le transport, le soutien logistique », souligne-t-il, faisant allusion au fait que l’armée française, comme d’autres, a fait appel à des entreprises privées russes et ukrainiennes disposant d’imposants appareils Antonov pour transporter du matériel lourd.

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