« Le Procès de l’herboriste » : le portrait ambigu d’un monstre

Jan Mikolasek (Ivan Trojan) dans « Le Procès de l’herboriste », d’Agnieszka Holland.

L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS

Autrice d’une vingtaine de films, la réalisatrice polonaise Agnieszka Holland réalise depuis une quarantaine d’années une œuvre friande de grands dossiers historiques, non dénuée d’un certain académisme. Ce Procès de l’herboriste, inspiré d’une histoire vraie, est dans l’épure.

Dans la Tchécoslovaquie des années 1930 et 1940, Jan Mikolasek est un guérisseur réputé, qui fera profiter de sa science les dignitaires nazis. Sous le joug soviétique, son indépendance et sa renommée finissent par irriter le pouvoir, qui lui intente un procès.

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La réalisatrice en tire un film sombre et hiératique, saturé de retours en arrière, qui fait un portrait ambigu de Mikolasek, monstre hautain doté d’une réelle capacité de guérison, mari glacial tenaillé par une secrète passion homosexuelle avec son assistant. Il en faudrait toutefois davantage pour briser la distance appliquée de la mise en scène à l’égard du personnage.

Film tchéco-polono-slovaco-irlandais d’Agnieszka Holland (1 h 58). Sur le web : www.kmbofilms.com