Le retour des Français en Bourse reste à confirmer

Si le nombre d’actionnaires avait chuté en France après 2008, l’introduction en Bourse de la Française des jeux fin 2019 et l’effondrement des marchés de mars 2020 en ont fait revenir plus d’un.

Vingt ans après, l’indice CAC 40 battra t-il enfin son record ? Alors qu’il a atteint 6 913,67 points vendredi 13 août, à moins de trente points de son plus haut atteint lors de la séance du 4 septembre 2000, le baromètre de la Bourse parisienne est retombé depuis. La croissance économique chinoise, moins forte que prévue, et la résurgence de l’épidémie de Covid-19, avec le développement du variant delta, ont stoppé le mouvement de hausse interrompu observé depuis le début août.

La crise sanitaire ne décourage cependant pas les épargnants particuliers qui semblent retrouver de l’intérêt pour le placement en action.

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Culminant à plus de 7 millions juste avant la crise des subprimes en 2008, le nombre d’actionnaires individuels n’avait pas cessé de diminuer depuis. Une baisse qui s’est interrompue ces derniers mois.

« On a pu constater une inflexion avec la privatisation de la Française des jeux en novembre 2019, puis certains ont voulu profiter des niveaux extrêmement bas du cours de certaines entreprises, lorsque les marchés se sont effondrés en mars 2020 », observe Gregory Guermonprez, directeur de Fortuneo, un des acteurs importants sur le marché des ordres de Bourse.

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Et si bon nombre d’observateurs redoutaient que ce retour en grâce des actions dans le cœur des Français ne soit qu’un mouvement opportuniste, les derniers indicateurs montrent que ce phénomène est plus profond. L’Autorité des marchés financiers (AMF) a comptabilisé au premier trimestre plus de 600 000 investisseurs particuliers ayant réalisé au moins un achat d’actions, soit près du double des niveaux observés en 2019 à l’exception du quatrième trimestre. Et le nombre de nouveaux entrants ne tarit pas.

Rajeunissement des actionnaires

« Après l’année historique que nous avons vécue en 2020, le nombre de comptes ouverts a continué de fortement progresser au premier semestre 2021 », indique Frédéric Garcia, responsable de la salle des marchés de Bourse Direct. « Nous avons traité 3,41 millions d’ordres de Bourse au cours de ce premier semestre, en hausse de 8 % par rapport à fin 2020. Ce volume d’ordres reste sur un niveau similaire à celui du 1er semestre 2020, historique. »

Même tendance chez Fortuneo, dont l’activité avait été multipliée par 2,5 pendant la première moitié de l’année 2020 et a progressé de 4 % au cours des six premiers mois de 2021.

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Cependant, si on assiste à un regain d’intérêt pour la Bourse, cela ne se traduit pas encore par une augmentation des actionnaires individuels. Selon la dernière enquête Kantar pour l’AMF publiée en juillet 2021, la part « des investisseurs déclarant détenir en direct des actions se situe à 6,7 %, contre 6,9 % en mars 2020 ». Le taux de détention de placements collectifs en actions (hors unités de comptes des contrats d’assurance-vie), lui, demeure bas. « Il est estimé à 2,1 % en mars 2021 (…) contre 2,7 % en 2018. »

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