Le secteur bancaire a perdu plus de 6 000 emplois en 2020

Devant une agence Société générale, à Ouistreham Calvados), en octobre 2019.

Année après année, depuis 2011, les effectifs des banques implantées en France ne cessent de reculer, et cette tendance s’est encore accentuée en 2020. Selon les chiffres publiés, mardi 22 juin, par la Fédération bancaire française (FBF), 354 000 salariés travaillaient dans le secteur bancaire fin 2020, contre 360 000 personnes en 2019, soit une baisse de 1,7 %. A titre de comparaison, les effectifs avaient diminué de 0,3 % en 2016.

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Les banques restent toutefois l’un des gros employeurs du pays, pesant 1,8 % de l’emploi salarié privé en France. L’an dernier, le secteur n’a toutefois recruté que 35 300 personnes (en CDI ou en CDD), contre 44 400 en 2019. Une baisse qui s’explique par « le ralentissement des mobilités et les trois ou quatre mois correspondant au confinement où l’activité ressources humaines a été fortement ralentie », explique Maya Atig, directrice générale de l’Association française des banques (AFB). Si les embauches ont été moindres par rapport aux années précédentes, « sept sur dix se font en CDI, contre 17 % pour l’ensemble du secteur privé », se félicite-t-elle.

En quête de rentabilité

Autre enseignement, alors que les démissions étaient, ces dernières années, en progression constante dans les réseaux bancaires, leur nombre a chuté en 2020, en raison de la pandémie de Covid-19 et de l’incertitude sur le marché de l’emploi. Elles restent toutefois la première cause de départ, loin devant la retraite. Depuis la crise financière de 2008, les banques françaises, en quête de rentabilité, ont enchaîné les plans de réduction de coûts, en fermant des agences, en ne remplaçant plus tous les départs et, pour certaines, en proposant des plans de départs. En novembre 2020, la Société générale a annoncé la suppression nette d’environ 640 postes dans l’Hexagone et HSBC France, dans la foulée, un projet de rupture conventionnelle collective pour supprimer plus de 550 postes.

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Ce mouvement devrait se poursuivre, dans un contexte de taux d’intérêt bas, de chute de la fréquentation des agences et d’automatisation des métiers. L’établissement néerlandais ING, pionnier de la banque en ligne en France, a fait savoir, le 17 juin, qu’il préparait sa sortie, en lançant « une revue stratégique de ses activités de banque de détail en France ».