« Le Souffle de Martha », sur LCP : Martha Desrumaux, une militante et résistante hors norme

Photo non datée de la syndicaliste et militante communiste Martha Desrumaux (1897-1982).

LCP – JEUDI 21 OCTOBRE À 20 H 30 – DOCUMENTAIRE

En voyant défiler les combats de sa vie, on est pris de vertige. Comment Martha Desrumaux (1897-1982), originaire de Comines (Nord), près de la frontière belge, a-t-elle tenu le coup, dans un contexte social et économique si dur ? Comment a-t-elle réussi à échapper à son destin de prolétaire, ouvrière dès ses 10 ans ? Comment a-t-elle mené des grèves et des actes de résistance, survécu à l’enfer concentrationnaire de Ravensbrück, obtenu des avancées sociales majeures pour les ouvrières du textile ?

Dans ce passionnant documentaire, la vie sortant de l’ordinaire de cette femme syndicaliste et militante communiste, étrangement oubliée aujourd’hui des livres d’histoire, est analysée à l’aide d’archives filmées souvent inédites (en provenance, notamment, des Archives nationales du monde du travail, de la CGT, de la ville de Lille) et de nombreux témoignages.

Parmi eux, celui de sa petite-fille, qui a hérité de cahiers dans lesquels Martha a soigneusement rangé des articles de presse la concernant. Mais aussi ceux d’historiennes (Michelle Perrot, Annette Wieviorka, Catherine Lacour-Astol), qui soulignent le rôle fondamental tenu par Martha Desrumaux dans les combats menés pour plus de justice sociale.

Meneuse et grande gueule

Tout commence comme dans du Zola : Martha est issue d’une famille de sept enfants, son père meurt alors qu’elle n’a que 9 ans, la misère s’installe. Dès ses 10 ans, la voilà travaillant dans une usine textile. Grande gueule, Martha ne sait ni lire ni écrire, mais devient vite une meneuse. Au début des années 1920, alors que le Parti communiste français vient de naître, elle devient responsable syndicale, assiste à des congrès, des meetings, se bat pour les droits des femmes.

Repérée par Maurice Thorez, Martha se rendra une première fois à Moscou, à la tête d’une délégation de femmes syndicalistes. Dans la jeune URSS, elle découvre l’existence des congés maternité, de la journée de travail de huit heures. Le paradis des travailleurs ? Pour une ouvrière française de l’époque, sans doute…

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Martha Desrumaux, figure du Front populaire, résistante et féministe

Communiste ardente, Martha retournera à Moscou, au début des années 1930, pour suivre les cours de l’école léniniste internationale. Elle y retrouvera le Nordiste Louis Manguine, syndicaliste de la sidérurgie, qu’elle épousera et qui lui donnera un fils, né en 1937.

Dès juillet 1940, la voilà à la tête d’un réseau de résistance. Arrêtée en mars 1942, elle sera la première française déportée à Ravensbrück, matricule 99048. Elle ne sortira de l’enfer qu’en 1945. « Je suis Martha. Les nazis ne m’ont pas eue ! », s’exclame-t-elle à son retour à Paris.

Il vous reste 13.77% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.