« Le soutien aux démocrates biélorusses peut et doit passer par une diplomatie ferme »

Tribune. Il y a un an jour pour jour, le 9 août 2020, se tenait l’élection présidentielle en Biélorussie. A l’issue d’une campagne où le président Alexandre Loukachenko s’est trouvé débordé par l’initiative de trois femmes [la candidate Svetlana Tikhanovskaïa ; Maria Kolesnikova, directrice de campagne du candidat Viktor Babariko, évincé du scrutin et emprisonné ; Veronika Tsepkalo, épouse d’un autre candidat évincé], déterminées à s’allier contre le mensonge, les résultats en ont été immédiatement, brutalement et ouvertement falsifiés.

Depuis, chaque jour, des Biélorusses sont arrêtés, torturés et sont jugés de façon inique, décomplexée, souvent aberrante. Les journalistes sont muselés, chassés, des médias ferment et disparaissent, sans doute de manière irréversible. Depuis un an, il ne se passe pas un jour sans qu’un, voire deux Biélorusses, soient la cible du pouvoir et rejoignent la longue liste des prisonniers politiques. Phénomène nouveau depuis quelques mois : les cas de suicides se multiplient, non seulement en prison, mais également au-dehors. Des citoyens biélorusses de tout âge, de toute situation. Un décret a quasiment justifié le tir à vue dans la rue sur les opposants.

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Alexandre Loukachenko est ouvertement entré en guerre contre l’Union européenne. En guise de « riposte » aux sanctions européennes, le tyran biélorusse a menacé les dirigeants lituaniens en ces termes, a rapporté Gabrielius Landsbergis, ministre des affaires étrangères : « Jusqu’à présent, nous stoppions les migrants et les drogues, à vous maintenant de les arrêter et de vous droguer vous-mêmes ! »

Rétorsion

Le régime organise, de manière quasi officielle, le transport de candidats à l’asile depuis le Proche-Orient jusqu’à la frontière lituanienne (le « service » est naturellement payant, comme tout passeur qui se respecte). En l’espace de quelques semaines, le nombre de demandeurs d’asile a ainsi grimpé d’une centaine à plus de 1 700 chez nos amis lituaniens, peu préparés à un tel afflux, brutal, malgré leur grande solidarité européenne dans ce domaine. Le régime d’Alexandre Loukachenko s’enferme chaque jour davantage dans la recherche désespérée, voire suicidaire, de moyens de rétorsion de plus en plus incendiaires et destructeurs.

Face à cette menace pour la stabilité de notre continent, les Européens ne peuvent se contenter de sanctions, même attendues et adaptées à la situation ; même si ces mesures pourraient, à terme, porter leurs fruits, en transformant le soutien de la Russie en bouée de sauvetage pour Loukachenko.

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