Le sucrier Tereos s’apprête à quitter la Chine

Bientôt, le drapeau de la coopérative sucrière française Tereos, connue pour ses marques Béghin Say et la Perruche, ne flottera plus en Chine. L’entreprise s’apprêterait à annoncer le retrait de ce pays, où elle exploite avec le singapourien Wilmar deux amidonneries. Ce partenaire, qui détient 51 % du capital de la coentreprise aux côtés du français, reprendrait logiquement l’ensemble des parts.

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Tereos avait noué une alliance avec le géant singapourien, très impliqué dans la production d’huile de palme, dès 2011. Ensemble, ils avaient d’abord fait l’acquisition d’une amidonnerie de maïs à Tieling, dans le nord de la Chine. Puis avaient décidé de créer une amidonnerie de blé à côté de Canton, capable de produire du gluten, des sirops de glucose, de l’alcool et de l’amidon de blé. A la clé : un investissement total de près de 200 millions d’euros. Mais si Tereos a aussi mis dans la corbeille de mariée un précieux transfert de technologie, il n’a, en tant qu’actionnaire minoritaire, jamais récolté les fruits de ce projet chinois. D’où la décision de sortir de ce pays.

Ce retrait a été négocié par la nouvelle équipe de direction de Tereos. En effet, en décembre 2020, à l’issue d’une bataille homérique, des coopérateurs, en désaccord avec les dirigeants historiques, ont pris le pouvoir. A leur tête, Gérard Clay, devenu président du conseil de surveillance. Il reprochait à l’ex-président du directoire, Alexis Duval, une stratégie de développement international risquée, ayant entraîné un endettement très lourd de la coopérative.

Lourd héritage

M. Clay et le nouveau président du directoire, Philippe de Raynal, ont donc désormais en main une délicate mission : redresser les comptes de la coopérative, deuxième sucrier mondial, qui fédère 12 000 agriculteurs en France. En juin, lors de la présentation des résultats annuels clos fin mars, les chiffres ont prouvé que la tâche était ardue. Tereos, dont le chiffre d’affaires s’élève à 4,3 milliards d’euros, a une nouvelle fois vu ses comptes virer au rouge, avec une perte de 133 millions d’euros. Quant à la dette, elle s’élevait à 2,5 milliards d’euros.

Face à ce lourd héritage, la nouvelle direction dit maintenant privilégier une stratégie de recherche de valeur et non de course au volume, avec comme objectif prioritaire d’accroître la profitabilité et de réduire l’endettement. Elle s’est donné deux ans pour améliorer son équation financière, espérant faire passer la dette sous la barre des 2 milliards d’euros d’ici à 2024. Dans ce laps de temps, la coopérative se délestera des activités jugées non rentables. Dont son implantation en Chine, donc.

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