Le système D des magasins pour faire face aux difficultés d’approvisionnement

Devant un magasin Ikea, à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), le 13 janvier 2021.

« Tous les jours, les équipes de notre service logistique regardent conteneur par conteneur ce qui va embarquer ou pas. » Au siège du réseau Pylones de magasins spécialisés dans les objets de décoration à offrir, Jacques Guillemet, président et fondateur, se montre plutôt inquiet. Après avoir subi, les années précédentes, la crise liée au mouvement des « gilets jaunes », les grèves, puis la pandémie de Covid-19, en 2021, c’est une partie de la marchandise fabriquée en Asie qu’il vend dans ses boutiques qui a du mal à arriver jusqu’en France. « Il y a des produits qui devaient partir en juillet et en août, et qui n’ont toujours pas été envoyés. Aura-t-on suffisamment de marchandises pour Noël ?, s’interroge le patron. Du coup, on fait du surbooking : on réserve trois conteneurs pour être sûr qu’il y en ait un de disponible. Mais comme tout le monde fait ça… »

Le dirigeant n’est en effet pas seul à être préoccupé par les à-coups d’une mécanique jusqu’alors bien huilée. Les besoins en matériaux, la surcharge des capacités de production et l’engorgement logistique dus au redémarrage simultané des économies dans le monde entier engendrent des difficultés d’approvisionnement dans de nombreux secteurs d’activité.

« On fait du surbooking : on réserve trois conteneurs pour être sûr qu’il y en ait un de disponible. Mais comme tout le monde fait ça… », Jacques Guillemet, président et fondateur de Pylones

Certains magasins spécialisés dans le jouet s’inquiètent de ne pas avoir encore reçu tous les produits à quelques semaines des fêtes de Noël. Les grandes chaînes consacrées à l’équipement de la maison font face à des ruptures inédites.

La direction d’Ikea précise que les difficultés touchent « 15 % de l’assortiment en petits accessoires (crochets, rideaux de douche, torchons…), qui ont dû être arrêtés ou retardés, et 5 % des meubles ». Des déboires « dus à une congestion du transport ou de la sortie de production ». Pour fluidifier la production de sa gamme phare de dressing PAX, Ikea a décidé, temporairement, de ne produire les caissons qu’en blanc. « Mais les clients peuvent personnaliser le revêtement des portes », explique-t-on chez Ikea.

La situation n’est pas homogène

La situation n’est pas homogène. Conforama assure pour le moment « ne pas connaître encore de ruptures de stocks ni de difficultés d’approvisionnement ». Thierry Garnier, directeur général du groupe Kingfisher (Castorama), se montre lui aussi satisfait « du bon taux de disponibilité » des produits, grâce un travail d’anticipation depuis un an, qui a conduit le groupe à « s’engager sur plus d’achats, plus de produits, et plus de conteneurs ».

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