Le télétravail protège plus ou moins bien du Covid

Selon le CNRS, les stratégies les plus efficaces pour limiter la propagation sont en ordre décroissant : la rotation des équipes semaine par semaine, la rotation jour par jour, le on-off semaine par semaine et le on-off au jour le jour.

Carnet de bureau. Parfois le télétravail est salvateur, mais tout dépend du mode d’organisation qui réduit plus ou moins le risque de propagation du Covid-19 dans l’entreprise. C’est ce qu’a prouvé le CNRS en construisant un modèle statistique à partir des caractéristiques de circulation du virus : durée de l’infection, durée d’incubation, etc. « Notre modèle a permis pour chaque personne infectée d’observer combien elle risquait de contaminer de collègues en fonction du mode d’organisation du télétravail », explique Simon Maurras, coauteur de l’étude « Mitigating COVID-19 outbreaks in workplaces and schools by hybrid telecommuting », publiée jeudi 26 août.

De la généralisation du travail à distance aux déconfinements successifs, les entreprises n’ont eu de cesse d’améliorer la sécurité sanitaire de leurs salariés. Une fois les mesures de distanciation établies, elles ont adapté les organisations de télétravail à leurs besoins, en tenant compte des métiers plus ou moins éligibles, de la maîtrise du poste et de l’environnement numérique, et évidemment de la nécessité d’assurer la continuité de l’activité.

Ce qui a produit tantôt des systèmes de rotation des salariés, avec le partage des équipes en deux groupes distincts A et B qui se succèdent sur une base quotidienne ou hebdomadaire, comme dans l’industrie chez Rémy-Cointreau par exemple ; tantôt des systèmes où toute l’équipe se retrouve régulièrement, en alternant des périodes « on » d’interactions de travail normal avec du « off » en 100 % télétravail, le désormais fameux « full remote » (télétravail systématique).

Stratégies les plus efficaces

« L’ensemble des collaborateurs de Nespresso France sont deux jours par semaine présents tous ensemble et ceci jusqu’au 1er octobre. Les trois autres jours sont en télétravail », indique ainsi la DRH Hélène Gemähling. La préoccupation des manageurs étant que tout le monde se croise afin de préserver la cohésion d’équipe mise à mal par l’isolement à domicile. Dans les deux cas, le temps de présence sur le lieu de travail est partagé, mais en rotation, le salarié ne croise que la moitié des gens, tandis qu’en alternance « on-off », il contacte tous ses collègues.

Les conclusions de l’étude du CNRS révèlent que les stratégies les plus efficaces pour limiter la propagation sont en ordre décroissant : la rotation des équipes semaine par semaine, la rotation jour par jour, le on-off semaine par semaine et le on-off au jour le jour.

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