Le télétravail thérapeutique : un soutien à l’emploi handicapé

Carnet de bureau. Personnes en situation de handicap, aidants familiaux ou femmes enceintes : pour ces salariés, le groupe Bayer a instauré mi-octobre le concept de « télétravail thérapeutique ». Comme beaucoup d’entreprises, après l’épisode Covid-19, la société pharmaceutique a ressorti du tiroir l’accord préexistant et l’a renégocié en élargissant la palette du recours au télétravail : ordinaire, spécifique, occasionnel, imposé, mais aussi… « thérapeutique », « décidé pour des raisons de santé, généralement temporaires et médicalement justifiées ». C’est le service de santé qui propose des modalités d’organisation en télétravail auxquelles s’adaptent au mieux manageurs et RH, précise Bayer.

« Le nombre de salariés handicapés maintenus en poste a bondi de 21 % sur un an (+ 33 % dans le public et + 20 % dans le privé). »

Jusqu’à la crise sanitaire, « pour les personnes en situation de handicap, comme pour les autres salariés, le télétravail n’était pas une pratique coutumière, observe Véronique Bustreel, directrice de l’innovation et de la stratégie à l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées. C’est le temps partiel thérapeutique qui était utilisé ». Mais depuis le Covid-19, c’est une alternative.

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L’Agence nouvelle des solidarités actives (ANSA), qui interroge régulièrement les personnes en situation de handicap, le confirme dans une enquête à paraître le 15 décembre. Le télétravail représente désormais une opportunité pour leur emploi et leurs conditions de travail, « parce qu’il réduit le temps de trajet et la fatigue, parce qu’il répond au besoin de concilier le temps de travail avec les soins, parce qu’il permet de travailler dans un environnement plus calme et facilite l’aménagement du temps de travail en toute autonomie », expliquent les salariés sollicités. Même s’ils alertent contre le risque d’isolement et le manque d’équipement.

Avenants et charte

Le Covid-19 a mis en lumière l’articulation possible du travail à distance avec les contraintes de santé, le « télétravail sur ordonnance » a donc servi de béquille à l’emploi handicapé. Dans l’enquête de l’ANSA, un tiers des salariés handicapés estiment que le télétravail peut contribuer au maintien en emploi.

Les chiffres de l’Observatoire de l’emploi et du handicap le confirment pour 2021 : le nombre de salariés handicapés maintenus en poste a bondi de 21 % sur un an (+ 33 % dans le public et + 20 % dans le privé). « C’est d’abord un effet de rattrapage par rapport au creux de 2020, relativise Véronique Bustreel. Comparée à 2019, la hausse est plus modérée (+ 10,47 %). Mais il y a un réel effet de mise en visibilité. Pendant le Covid, des salariés handicapés ont dû se faire connaître pour obtenir les aménagements nécessaires en tant que personnes vulnérables. »

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