Le trampoline a su rebondir

Dans la France vue d’avion (ou du drone), on voit depuis quelques années apparaître de ­drôles de verrues rondes dans les jardins. Des trampolines de 3,60 m de diamètre, en moyenne, sur lesquels rebondissent joyeusement les enfants. Comme dans cette maison de Colombes, en région parisien­ne. Trois jeunes enfants partagent un trampoline, bondissent bras tendus vers le ciel, se mettent au défi de réaliser une figure ou tombent de tout leur poids. Ce sont des cris, des rires aussi. Ces petits kangourous enchaînent les rebonds, les sauts d’arrêt, des combinaisons plus acrobatiques, jouent à chat ou à la balle à l’intérieur de cette aire de jeu aussi attractive qu’un pot de miel, été comme hiver.

« Ils ont une grande liberté de mouvement, se dépensent, et puis on sait où ils sont », souligne Djamila Djennane, leur joviale grand-mère, qui en a fait l’acquisition en 2018. « S’il ne pleut pas et qu’il fait plus de 10 degrés, cette activité ludique et physique qui améliore la coordination, l’équilibre et l’agilité constitue un excellent moyen de lutter contre la sédentarité de l’enfant », confir­me Ludovic Richard, respon­sable gymnastique et sports acrobatiques chez Decathlon.

Démocratisation

Inventé à des fins sportives par un gymnaste américain en 1934, l’agrès s’aventure sur le terrain des loisirs d’extérieur au début des années 1970, avant d’investir le jardin des particuliers à la fin des années 1980. Il est composé d’une bâche de plastique élastique tendue sur une armature métallique, aux différentes formes géométriques, le plus souvent ceinte de filets de sécurité pour éviter les sorties de piste fracassantes.

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« Chez les particuliers, le trampoline est acheté avant tout pour les enfants, explique Grégory Moreau, responsable commercial de France Trampoline, marque bordelaise spécialisée depuis cinquante ans dans le domaine. Nous avons assisté à une démocratisation notable du trampoline domestique et à de belles progressions de nos ventes, entre 2005 et 2010, avec des pics saisonniers entre mars et juin, avant une hausse sensible avec le Covid-19, depuis 2020. » La ­région parisienne et la Haute-Savoie caracolent en tête de leur clientèle.Même tendance haussière observée chez Decathlon, ces trois dernières années (+ 10 % par an), sur un marché concentré à 80 % en Amérique du Nord et en Europe, quasi inexistant en Asie.

Régressif

S’il a la cote auprès des enfants voltigeurs, le trampoline n’indiffère pas les adultes, pour qui il est régressif et idéal pour lâcher prise et se muscler l’air de rien. Attention cependant au périnée, et surtout au ridicule – qui heureusement ne tue pas.

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