Les actionnaires du Groupe Lagardère mettent fin à la commandite d’Arnaud Lagardère

L’immeuble abritant Europe 1, « Paris Match » et RFM à Paris, le 30 juin 2021.

C’est la fin du pouvoir absolu d’Arnaud Lagardère sur son groupe familial. Mercredi 30 juin, l’assemblée générale des actionnaires de Lagardère, maison mère notamment du groupe Hachette, de Paris Match et d’Europe 1, a acté la transformation du groupe en société anonyme à la commandite d’Arnaud Lagardère. Ce dernier deviendra PDG de la nouvelle structure.

Toutes les nominations au conseil d’administration ont été approuvées à une très large majorité, notamment celle d’Arnaud de Puyfontaine, représentant de Vivendi – un groupe contrôlé par Vincent Bolloré, un magnat breton, très critiqué pour sa gestion brutale de son portefeuille de médias.

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« J’aurais tendance à dire de manière optimiste et positive que les choses ne changeront pas, car l’équipe dirigeante est toujours là », a assuré M. Lagardère. Désormais sous le contrôle d’un conseil d’administration au sein duquel il ne peut désigner que trois membres sur onze (dont deux représentants des salariés), le dirigeant a assuré avoir « engagé un certain nombre d’efforts structurels à tous les niveaux » pour affronter la crise du Covid-19, que ce soit parmi les activités d’édition, de distribution dans les gares et aéroports (notamment boutiques Relay), les médias, ou les coûts centraux du groupe. Mais, « en termes de stratégie globale, on n’en a pas changé. L’idée est de garder l’intégrité de ce groupe », a-t-il assuré, notamment en conservant les activités médias (Europe 1, Paris Match, Le Journal du dimanche).

Opération financière

La commandite avait été mise en place par le père d’Arnaud Lagardère, après la faillite de la chaîne de télévision La Cinq, de manière à rendre la famille indélogeable du groupe qu’il avait fondé.

Arnaud Lagardère a-t-il un pincement au cœur en l’abandonnant ? « Je m’y fais plutôt bien. (…) Avant 1992, nous avions des actionnaires, certains gentils, certains moins gentils, enfin la vie normale de chef d’entreprise. On y a survécu », avait-il déclaré au Monde fin juin, soulignant la belle opération financière qu’il réalise. La cession de la commandite lui rapporte 7 % de titres supplémentaires. Elle le fait passer de 7 % à 14 % du capital du groupe à son nom.

Une ombre persiste au tableau : la fin de la commandite rend le groupe « opéable » : son capital est éclaté entre des actionnaires qui peuvent à tout moment vendre d’importants blocs de titres, le mettant à la merci des prédateurs. Pour l’heure, Vivendi, détient 27 % du capital, le fonds activiste Amber Capital 18 %, le Qatar 12 %, et Bernard Arnault au moins 7 %.

Le Monde avec AFP