Les cartes bancaires se veulent plus « écoresponsables »

Qui se souvient que dès 2014, le Crédit agricole expérimentait des cartes bancaires à base d’amidon de maïs ? Le manque de robustesse de ce bioplastique avait toutefois eu raison du projet, et il a fallu attendre sept ans pour qu’un autre grand réseau bancaire français, le Crédit mutuel, communique à nouveau sur une carte dite « écoresponsable » en placardant sur les arrêts de bus une publicité pour une drôle de carte, quasi toute blanche.

C’est de plastique recyclé dont est cette fois composé, à 86 %, le support. Et la sobriété du visuel « permet une réduction de 87,5 % d’encre », dit la banque, qui entend « basculer à terme toute sa production, 4 millions de cartes par an ».

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Le contexte n’est plus le même qu’en 2014, la prise de conscience environnementale s’est accélérée et les fabricants de cartes, comme Idemia et Thales, arborent désormais des catalogues fournis en produits « écoresponsables » (pour le matériau du support, les encres, etc.) respectant les critères de fiabilité des réseaux de paiement.

Le PVC recyclé a la cote

Plusieurs grandes banques ont donc emboîté le pas du Crédit mutuel ou s’apprêtent à le faire. Société générale a ainsi lancé en mai un test de PVC recyclé sur une de ses cartes « collection » et compte progressivement l’étendre à d’autres cartes. C’est aussi en PVC recyclé que sont les cartes Welcome de Boursorama depuis l’été. Si d’autres conversions au PVC recyclé sont annoncées pour le premier semestre 2022, notamment chez HSBC et BNP Paribas, Crédit agricole envisage, « sans date », une nouvelle génération de cartes en amidon de maïs ou en « plastique des océans ».

« Il y a un engouement considérable des banques », relève Amélie Tournant, responsable de la stratégie services bancaires et paiement de Thalès, qui a livré environ 30 millions de cartes écoresponsables depuis 2019.

Ce fabricant, pionnier en 2014 sur les cartes en amidon de maïs, explique avoir depuis conçu « une carte biosourcée composée à 84 % de matières naturelles », plus robuste et résistante au temps que l’ancienne version. Et a aussi développé des cartes en PVC recyclé et en plastique récupéré sur les plages et dans les eaux.

Après le chèque « en bois », la carte en cerisier

Si plusieurs grandes banques se convertissent aux cartes « écoresponsables », l’alternative s’est imposée dès l’origine pour OnlyOne, Helios ou Green-Got, ces start-up qui promettent des comptes courants favorisant la transition écologique. OnlyOne (lancé en avril) a ainsi opté pour le PVC recyclé, tandis qu’Helios (en février) et Green-Got (lancement en cours) proposent un matériau étonnant : le bois. « C’est du cerisier d’une forêt durablement gérée des Alpes autrichiennes. Une lamelle de plastique recyclé est quand même présente dans la carte, c’est sur elle que la puce s’accroche », détaille Green-Got.

« Alors que les cartes en PVC consomment beaucoup d’encres polluantes, celles en bois ont peu d’impressions. Et le site de production en Autriche exploite l’énergie issue de son système photovoltaïque », indique Helios. Des cartes à ne pas oublier dans sa poche avant de démarrer la machine à laver, bois et eau ne font pas bon ménage.

Chez Idemia, l’accent a été mis sur le PVC recyclé. « Il s’inscrit dans une économie circulaire, on réutilise un matériau existant plutôt que d’en créer un nouveau », explique Amanda Gourbault, vice-présidente exécutive pour les activités liées aux institutions financières. L’entreprise, qui depuis peu propose des cartes dont le support plastique est 100 % recyclé, a pour objectif de produire plus de 50 millions de cartes en PVC recyclé en 2021 et estime qu’en 2022, 20 % des cartes bancaires qu’elle produit seront dans ce matériau. « La progression est fulgurante », se réjouit Mme Gourbault.

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