Les cellules d’urgence médico-psychologique prêtes à être déployées pour les victimes de l’incendie du Var

Une maisons détruite par un incendie de forêt près de Grimaud, dans le  Var, le 18 août 2021.

Les psychologues, psychiatres et infirmiers de la cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP) du Var n’ont pas encore été déployés sur le théâtre des incendies qui ravagent le département depuis lundi 16 août. Mis en alerte par leur coordinatrice, Camille Rossi, psychiatre à l’hôpital Sainte-Musse, à Toulon, ils se tiennent prêts à intervenir.

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S’ils sont sollicités, comme lors de l’attentat sur la promenade des Anglais, à Nice, le 14 juillet 2016, ou à la suite des inondations liées à la tempête Alex, en 2020, leur mission sera d’identifier des victimes difficiles à détecter. « En fonction des parcours, entre 20 % et 30 % des personnes touchées vivront un traumatisme, et seront à risque de développer un trouble du stress post-traumatique », explique Thierry Baubet, psychiatre à l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis) et référent scientifique du Centre national de ressources et de résilience.

« Le soin précoce est déterminant »

Après un incendie, les personnes affectées par un traumatisme peuvent ressentir des troubles comme un état d’alerte permanent, un sentiment d’insécurité ou des sensations physiques angoissantes. Odeurs de brûlé, impressions d’étouffement, de chaleur, ainsi que perturbations du sommeil font partie des symptômes de ces troubles post-traumatiques, souvent insurmontables sans une prise en charge adaptée.

Ce sont ces victimes à risque que devront tenter d’identifier les membres de la CUMP du Var, afin de les orienter, au plus vite, vers un parcours de soins. « Plus on laisse évoluer les traumatismes, plus ils s’ancrent dans le psychisme. Le soin précoce est déterminant », assure Nathalie Prieto, psychiatre référente nationale pour les cellules d’urgence médico-psychologique. Ces unités sont déployées en moyenne une dizaine de fois par an et par département, avec de fortes disparités entre zones rurales et grandes villes.

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L’accès rapide à des soins adaptés est tout sauf une évidence. D’abord en raison des réticences des patients eux-mêmes. Pour Thierry Baubet, celles-ci augmentent à mesure de la gravité des dommages psychiques : « Cela s’explique d’abord par l’évitement, on ne veut pas parler du traumatisme pour ne pas s’y reconfronter. Il y a ensuite une honte d’aller mal alors que l’on n’est pas atteint physiquement. »

Mais les difficultés d’accès s’expliquent aussi par l’offre de soins elle-même. A l’échelle du département, les CUMP sont déployées avec le SAMU, immédiatement après la catastrophe. Elles sont dirigées vers les populations signalées par les secours ou les autorités, et rencontrent chaque personne afin de procurer des soins immédiats d’apaisement et identifier celles à risque de troubles post-traumatiques. Celles-ci seront orientées au plus vite vers des professionnels de santé et des structures d’aide membres du réseau des CUMP, qui les prendront en charge en priorité.

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