Les concours viticoles, des médailles et des revers

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Publié aujourd’hui à 18h00

Sur son ordinateur, dans le bureau du domaine familial, Laurence Brocard cherche le fichier Excel qui a remplacé, voilà vingt ans, le classeur en carton de son beau-père. Et trouve enfin la liste qui recense les concours et les guides auxquels le domaine Jean-Marc Brocard envoie, chaque année, des échantillons de vin.

« Concours général agricole de Paris, Concours des vins de Mâcon, Concours des vins de Chablis, Chardonnay du monde, les Féminalise, Challenge millésime bio ainsi que tous les concours de vins bio à l’international, égrène-t-elle. Mais aussi les sélections du Guide Hachette, du Decanter Magazine, le Decanter World Wine Award, Elle à Table, Gilbert & Gaillard, l’International Wine Challenge, la sélection Prix plaisir de Bettane et Desseauve, le Wine Enthusiast, le Sommelier Wine Awards, le Wine Spectator, le guide Vinous… Ça fait beaucoup, non ? »

En moyenne, le domaine implanté à Chablis présente cinq cuvées par concours. Du petit-chablis au chablis-grand-cru, toutes les gammes de la maison. Un investissement financier et humain important, mais qui peut rapporter gros. Dans le monde des concours et des médailles, presque tout le monde est gagnant : les vignerons, les organisateurs des événements, les grandes surfaces, les consommateurs pressés. Les amateurs de bons vins ? Pas forcément.

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Un phare dans la nuit pour le client

Le plus souvent affichée sous forme de macaron autocollant, la médaille attire l’œil sur les rayonnages. Pour le client déboussolé par le choix pléthorique, elle agit comme un phare dans la nuit. Dans un petit supermarché de centre-ville, où les clients passent peu de temps à faire leurs achats, « une médaille permet de les guider pour choisir rapidement, comme un label bio, justifie Marc Costes, responsable des vins pour l’enseigne Franprix. C’est une assurance qu’on ne se trompe pas quand on prend ce vin en rayon. » Pour en illustrer l’impact, il avance un chiffre qui en dit long : « Récemment, un vin que nous référençons a été récompensé à un concours. Rien qu’en ajoutant la médaille sur la bouteille, les volumes de vente ont grimpé de 30 % ! »

« Les médailles fonctionnent surtout quand il n’y a pas de vendeurs, donc dans les grandes surfaces. » Emmanuelle Rouzet, consultante et formatrice en marketing du vin

Lors d’une opération comme la foire aux vins, impossible pour lui de passer à côté d’un tel atout. Les bouteilles médaillées représentent 35 % de son assortiment durant cette période et couvrent 45 % du chiffre d’affaires de l’événement. Et cela fonctionne. « Dès la première semaine de lancement, j’ai trois références médaillées qui se sont positionnées dans le top 5 des cuvées les plus vendues », reprend-il.

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