« Les conditions de logement imposées à une partie de la jeunesse sont indignes de notre pays »

Tribune. « Nous sommes une génération sacrifiée, invisible, oubliée par le gouvernement. » Depuis des mois, les témoignages bouleversants des étudiants se succèdent. Ils se déversent sur les réseaux sociaux, s’énoncent dans certains médias, se couchent sur le papier, s’écrivent sur les banderoles des manifestations.

Parfois seuls, enfermés dans des logements du Crous de 9 mètres carrés, confinés avec les cafards, les souris et les punaises de lit comme dans ces résidences universitaires insalubres de Villeneuve-d’Ascq, de Bordeaux ou de Nanterre : ils crient leur malaise et se disent abandonnés par l’Etat.

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Les conditions de logement imposées à une partie de notre jeunesse sont indignes de notre pays. D’autant que, pour payer les loyers de ces logements de la honte, les étudiants les plus précaires doivent se priver et sauter des repas. Depuis le début de la pandémie, des milliers de jeunes ont perdu leurs jobs étudiants. Faute de revenus complémentaires et malgré les bourses et les repas à 1 euro où il faut faire la queue parfois plus d’une heure pour espérer décrocher de quoi manger, certains doivent choisir entre s’alimenter ou payer leur loyer.

Une époque digne de « Germinal »

Face à la démission de l’Etat, les associations caritatives deviennent l’ultime filet de sécurité. Ce n’est pas un scénario de film catastrophe. C’est la dure réalité vécue par certains étudiants plongés dans une époque digne de Germinal. Il y a un fossé abyssal qui s’est creusé entre la réalité de ces jeunes et les discours des ministres, trop occupés à s’autocongratuler pour les mesurettes mises en place et à discuter avec des influenceurs.

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Aujourd’hui, la France compte 175 000 logements Crous pour 2,7 millions d’étudiants et la proportion d’étudiants logés par le Crous diminue. Le gouvernement s’était fixé un timide objectif d’en construire 60 000 sur le quinquennat. Il n’en fera même pas le tiers. Encore une fois, le gouvernement a menti aux étudiants ! C’est une honte.

Nous dénonçons un manque de volonté politique flagrant du ministère et de certaines collectivités territoriales. Les appels au secours restent sans réponse. Ils se transforment tantôt en cris de colère, tantôt en désespoir, en dépression, en repli sur soi. Les rêves, les rencontres, les projets qui sont les marqueurs de la jeunesse laissent place aux incertitudes et aux angoisses psychologiques.

« Nous réclamons l’annulation des loyers des logements étudiants insalubres, avec rétroactivité pour la période de pandémie »

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