Les constructeurs automobiles français mettent le turbo sur l’électrique

Emmanuel Macron, lors d’une visite à l’usine Renault de Douai (Nord), le 28 juin.

Pour qui prend un peu de recul, la séquence est saisissante. En quinze jours, une demi-douzaine d’annonces majeures concernant l’électrification de l’industrie automobile française se sont succédé : création d’une « gigafactory » de batteries à Douai (Nord), avec Emmanuel Macron en parrain de prestige ; plans stratégiques des constructeurs hexagonaux ; transformations d’usines terminales (ElectriCity de Renault dans les Hauts-de-France, usine Stellantis d’Ellesmere Port, dans le nord-ouest de l’Angleterre) ; baptême de Verkor, un nouvel acteur de la batterie… L’industrie tricolore a décidé de cravacher pour se placer dans le peloton de tête de la grande course vers la voiture électrique. Et cela se voit.

Le dernier épisode est l’annonce de la stratégie d’électrification de Stellantis, le constructeur franco-italo-américain, issu de la fusion PSA-Fiat Chrysler (FCA). Carlos Tavares, son directeur général, a présenté, jeudi 8 juillet, un plan d’investissement de 30 milliards d’euros sur les cinq prochaines années. Les véhicules électriques des quatorze marques de Stellantis (dont Peugeot, Citroën, DS, Fiat, Jeep, Alfa Romeo…) seront fabriqués sur quatre plates-formes industrielles et partageront trois types de moteurs. De quoi créer de puissantes synergies.

Certaines marques seront plus vite que d’autres vouées à basculer vers le 100 % électrique : Abarth en 2024, Opel en 2028, le constructeur visant 70 % de véhicules électrifiés vendus en 2030 en Europe (40 % aux Etats-Unis). Cinq très grosses usines de batteries viendront soutenir cette stratégie : en France, à Douvrin (Pas-de-Calais), mais aussi en Allemagne (Kaiserslautern), en Italie (Tremoli) et deux autres en Amérique du Nord. Automotive Cells Company (ACC), coentreprise entre Stellantis et Total, sera le moteur de cet approvisionnement. Le constructeur compte atteindre une capacité globale de 260 gigawattheures (GWh) en 2030.

Synergies

Renault, de son côté, avait annoncé, le 30 juin, sa stratégie d’électrification, un plan à 10 milliards d’euros sur cinq ans, marqué par un objectif ambitieux : vendre, dans dix ans, 90 % de voitures purement électriques. Le constructeur au losange va s’appuyer sur des classiques historiques de sa gamme (Mégane, R5, 4L) revisités en version électrique. Côté industriel, les plates-formes communes avec Nissan et Mitsubishi, un nouveau moteur électrique 5 % moins coûteux et les batteries low cost du chinois Envision (également fournisseur de Nissan), produites à Douai, permettront des synergies de coûts rendant la future R5 électrique 33 % moins chère à produire que l’actuelle Zoe.

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