Les débuts timides de la 5G en France

Chaque opérateur téléphonique devra avoir déployé 10 500 sites 5G en France d’ici à 2025, et leurs réseaux devront entièrement basculer en 5G d’ici à 2030.

La 5G fait la promesse d’un réseau très haut débit, mais les consommateurs n’y adhèrent qu’au petit trot. Un an après l’attribution des premières fréquences aux opérateurs d’enchères, qui ont rapporté près de 2,8 milliards d’euros à l’Etat, la nouvelle génération de réseau mobile ne représente que 1 % du trafic mobile des opérateurs.

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Il faut dire que toutes les conditions pour accéder à la 5G ne sont pas réunies. D’abord, même si le déploiement d’antennes 5G accélère (leur nombre est passé de 8 000 fin 2020 à environ 17 000 en septembre), la couverture est encore parcellaire et inégale selon les opérateurs. L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) a fixé comme objectif à chaque opérateur d’avoir déployé 10 500 sites 5G en France d’ici à 2025, pour pouvoir couvrir les deux tiers de la population. Et leurs réseaux devront entièrement basculer en 5G d’ici à 2030.

Ensuite, il faut avoir un téléphone compatible. Les terminaux éligibles à la 5G sont majoritaires dans les nouvelles ventes, mais seul un consommateur français sur dix est déjà équipé (12 % des abonnés Bouygues Telecom, par exemple). Et il faudra plusieurs années pour renouveler le parc. Enfin, l’abonné doit être titulaire d’un forfait adéquat, ce qui ne va pas de soi. A offres équivalentes, la 5G coûte autour de 5 euros de plus par mois. Seul Free l’a intégrée à son forfait à 19,99 euros sans surcoût.

Scepticisme et défiance

A ce stade, les opérateurs restent discrets sur leur nombre d’abonnés 5G et les bénéfices de cette bascule se font attendre pour des acteurs qui, pourtant, investissent massivement : ils ont dépensé 8,3 milliards d’euros dans leurs réseaux mobiles en 2020, selon l’Arcep. « Il avait fallu cinq ans pour dépasser la barre des 50 % de cartes SIM éligibles à la 4G », relativise Liza Bellulo, secrétaire générale de Bouygues Telecom. Orange fait même valoir que la transition vers la 5G est « plus rapide qu’elle ne l’avait été vers la génération précédente ».

« Une bonne partie des antennes 5G portent sur des fréquences autrefois utilisées pour la 4G, sur la bande des 700 mégahertz, qui n’apporte rien de plus », estime Antoine Autier, chez UFC-Que choisir

Reste que cette nouvelle génération suscite encore scepticisme et défiance. D’abord, parce que la « vraie 5G » est trop rarement au rendez-vous, selon les spécialistes. « Une bonne partie des antennes 5G portent sur des fréquences autrefois utilisées pour la 4G, sur la bande des 700 mégahertz [MHz]. Mais cette 5G-là n’apporte rien de plus » que la génération précédente, estime Antoine Autier, responsable adjoint des études chez UFC-Que choisir. C’est, selon lui, sur les bandes de fréquences hautes, supérieures à 3 500 MHz, que les performances deviennent franchement meilleures.

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