Les économies avancées tirent la reprise mondiale

Un terminal à conteneurs dans le port de Singapour, le 17 septembre 2021.

La reprise économique mondiale se poursuit, mais les écarts se creusent entre pays développés et pays émergents. Dans ses « Perspectives économiques intermédiaires », publiées mardi 21 septembre, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) table sur une croissance mondiale de 5,7 % en 2021, un chiffre quasiment identique à celui de ses prévisions de mai, grâce à un rebond du produit intérieur brut (PIB) dans la zone euro. « La reprise reste très inégale, avec des résultats singulièrement différents selon les pays, les secteurs et les groupes démographiques en termes de production et d’emploi », tempère toutefois l’institution.

Au sein des économies avancées, la couverture vaccinale, qui frôle 70 %, éloigne les risques de confinement. La forte demande y est tirée par la reconstitution des stocks, l’utilisation de l’épargne accumulée au cours des mois écoulés, la baisse du chômage et les programmes d’aide publique. En revanche, dans les économies en développement, où les taux de vaccination sont faibles, particulièrement en Asie-Pacifique, les restrictions sanitaires imposées par les autorités ont pesé sur la reprise.

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Avec une dette qui a crû de 52 % à 62 % du PIB ces dix-huit derniers mois, les pays émergents disposent également de marges de manœuvre limitées pour soutenir l’activité. Conclusion de l’OCDE : « A la fin de 2022, le déficit de production par rapport à la trajectoire anticipée avant la pandémie [de Covid-19] devrait être deux fois plus important » dans les marchés émergents que dans les économies avancées du G20.

La reprise s’accompagnera en 2021 d’une hausse de l’inflation élevée aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, qui devrait être encore plus importante dans les pays en développement comme la Turquie (+ 17,8 %), le Brésil (+ 7,2 %) ou l’Inde (+ 5,5 %), là où l’énergie et l’alimentation, dont les prix ont flambé, occupent une place plus importante dans les dépenses. « Le renchérissement des matières premières et du transport maritime contribue en grande partie à l’envolée des prix à l’importation et à la consommation observée au cours de l’année écoulée », constate l’OCDE. A l’été, les prix des matières premières avaient bondi de 55 % sur douze mois et les prix alimentaires mondiaux ont atteint un record depuis dix ans. En 2021, les coûts du transport maritime ont triplé.

Réajustement de l’offre à la demande

Les capacités de production et de transport restent encore sous-dimensionnées par rapport à la demande. Les mesures de confinement temporaire, surtout en Asie, de distanciation physique et d’hygiène ont ralenti le chargement et le déchargement de conteneurs, ce qui a conduit à un encombrement des grands ports. « Elles ont aussi freiné l’activité dans la construction et l’agriculture, en restreignant la mobilité des migrants qui travaillent dans ces secteurs », ajoute Laurence Boone, l’économiste en chef de l’OCDE.

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