Les exportations d’alcool français rebondissent

Les vins et spiritueux français coulent à nouveau à flot en dehors des frontières. Les exportations ont bondi de 42,8 % au premier semestre 2021 pour atteindre un montant de 7,25 milliards d’euros, selon les chiffres publiés mardi 31 août par la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux français (FEVS). Vins et champagne représentant 4,9 milliards d’euros, le solde étant le fait des spiritueux, cognac largement en tête.

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Une progression spectaculaire qu’il faut bien évidemment tempérer. La comparaison porte sur un semestre 2020 marqué par le déclenchement de la pandémie de coronavirus, entraînant une succession de confinements, de fermetures de bars, restaurants et discothèques et un freinage brusque des transports aériens. Toutefois, en se référant au premier semestre 2019, les exportations d’alcool français sont en hausse de 8,6 %. Autre bonne nouvelle, cette progression en valeur s’accompagne également d’une progression en volume (+3,4 %).

Un appel d’air

La FEVS se veut néanmoins prudente. Le fort dynamisme du premier semestre doit beaucoup à la situation du marché américain. Les taxes douanières punitives qui pesaient sur les vins français, hors vins à bulles, en lien avec le contentieux aéronautique qui opposait les Etats-Unis et l’Europe ont été provisoirement levées en mars 2021. Cette suspension des sanctions a créé un appel d’air et les ventes sont reparties pour reconstituer des stocks au plus bas. Pour autant, sur les six premiers mois de cette année, les exportations vers les Etats-Unis n’ont pas encore retrouvé le niveau de la même période de 2019.

L’Amérique du Nord reste le premier marché d’exportation avec un total de 2,3 milliards d’euros, suivi par l’Asie (1,7 milliard d’euros) où les ventes repartent aussi à la hausse, ex aequo avec l’Europe des 27. Les exportations vers la Grande-Bretagne sont, elles, quasi stables à 679 millions d’euros.

La réouverture progressive des bars et restaurants et la reprise des déplacements ont contribué à alimenter ce flux d’exportations. La FEVS s’inquiète, pour la suite, de la faiblesse des vendanges qui viennent de débuter. Le ministère de l’agriculture a livré, début août, une prévision tablant sur un potentiel de production, « historiquement bas », dans une fourchette comprise entre 32,6 et 35,6 millions d’hectolitres.

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Le terrible gel d’avril, suivi d’attaques de mildiou et d’oïdium, lors d’un été plus que pluvieux, sans oublier sécheresse et incendies vers le pourtour méditerranéen, ont mis les nerfs des vignerons à rude épreuve. L’impact pourrait se faire ressentir par un moindre volume de vin disponible à l’exportation en 2022 et 2023, prévient la FEVS.