Les Français imposent leur savoir-faire dans l’analyse de données pour les clubs de foot

Liverpool, OM… Deux start-up tricolores ont réussi à s’imposer au plus haut niveau dans l’utilisation de la donnée, afin d’épauler les clubs dans leurs tactiques de jeu ou leurs recrutements.

L’analyse des données est devenue primordiale dans le secteur du football professionnel. Prédiction de la trajectoire d’un joueur, nombre d’accélérations ou encore aide au recrutement, l’intelligence artificielle (IA) accompagne les clubs pour améliorer leurs performances.

De jeunes start-up françaises commencent à s’implanter dans ce milieu, comme SkillCorner, créée en 2016. «À cette époque il y avait peu de technologies dans le football, les données étaient collectées à la main donc on a voulu fournir des données plus précises avec de l’IA», indique Hugo Bordigoni, cofondateur de la société. Le fonctionnement est simple, les données sont extraites des vidéos que les spectateurs regardent à la télévision en direct. En prédisant la trajectoire de chaque joueur et du ballon, l’IA va être capable d’extraire des données brutes, qui sont vendues ultérieurement aux clubs de football. Plus de deux millions de points de données sont récupérés lors de chaque rencontre. Grâce aux data scientists, qui permettent de rendre ces informations lisibles, ces données sont ensuite retranscrites sous forme d’analyses pour l’entraîneur et les joueurs.

Un recrutement des footballeurs 2.0

«Certains clients ont besoin que SkillCorner leur fournissent un niveau d’analyse en plus. On a donc créé un package d’analyse physique des joueurs avec leur vitesse maximale, leur distance parcourue ou encore le nombre de sprints», précise le pdg de l’entreprise. Ces informations servent principalement au recrutement des joueurs. Par exemple, les clubs ont la possibilité d’acheter les analyses de 33 compétitions différentes dans le monde et de «classer» les joueurs les plus rapides. Une aide à la décision qui peut s’avérer précieuse sur le marché des transferts.

Aujourd’hui SkillCorner travaille avec une trentaine de clubs comme Liverpool FC, l’AS Monaco, l’Olympique de Marseille, le Racing Club de Strasbourg Alsace ou l’OGC Nice. Mais pour Hugo Bordigoni, l’IA ne va pas venir remplacer le football traditionnel : «La donnée est un outil d’aide à la décision, c’est toujours l’humain qui aura le dernier mot.» Si les données de la start-up sont utilisées directement par les clubs, elles peuvent aussi être traitées par d’autres logiciels comme celui de SportsDynamics.

Des tactiques affinées

Cette société française de sept salariés a été lancée fin 2019 par Arnaud Santin et Vincent Bacot. Si SkillCorner s’intéresse davantage au recrutement, Sports Dynamics se concentre sur les tactiques de jeu. Les données de suivi des joueurs permettent de déterminer des indicateurs pour les clubs et de revenir sur des fautes qui se sont déroulées lors des matches. Par exemple, lors du match Euro opposant la France et la Suisse le 28 juin, Sports Dynamics a analysé le premier but marqué par les Suisses à la quinzième minute. «Sur cette vidéo, on se rend compte de l’espace trop important laissé au passeur Suisse Zuber (numéro 14) par le Français Benjamin Pavard (numéro 2), ce qui permet au joueur helvète de réaliser un bon centre précis», conclut Arnaud Santin.

Pour le moment, la start-up travaille principalement avec des clubs allemands, figurant dans le Top 10 des équipes. Elle devrait annoncer cet été de nouveau partenariats avec des clubs français. Que ce soit pour Sports Dynamics ou SkillCorner, les deux entreprises souhaitent étendre leurs technologies à d’autres sports collectifs comme le rugby, le basket ou encore le football américain.