Les Golden Globes modifient leurs règles pour répondre aux critiques sur son manque de représentativité

Au cœur d’une vive polémique ces derniers mois quant à leur représentativité, les Golden Globes sont plus que jamais menacés de disparition. Pour survivre, la célèbre cérémonie américaine de remises de récompenses du cinéma et de la télévision a annoncé, mercredi 30 juin, qu’elle allait modifier ses règles pour autoriser les films en langue étrangère à concourir dans les catégories généralistes et des films d’animation.

« Alors que nous passions en revue nos règles cette année » pour tenir compte des critiques de l’industrie du divertissement, « nous avons décidé d’adopter de nouvelles approches pour les cérémonies à venir et de nous assurer que ces films bénéficient de l’attention qu’ils méritent », a déclaré le président de la HFPA, Ali Sar, dans un communiqué adressé à l’Agence France-Presse (AFP). « La langue ne sera plus une barrière pour être reconnu comme le meilleur. »

Des critiques sur sa représentativité avaient poussé le diffuseur NBC à annuler la cérémonie prévue l’an prochain, pour laisser le temps aux Golden Globes d’améliorer sa diversité ethnique et culturelle ainsi que sa transparence.

Lire aussi Accusés d’entre-soi, les Golden Globes sont lâchés par leur diffuseur NBC

Beaucoup avaient notamment reproché cette année à l’association de la presse étrangère d’Hollywood (HFPA en anglais) qui décerne ces trophées d’avoir relégué Minari, film américain mettant en scène des immigrés sud-coréens s’installant dans l’Arkansas et principalement tourné en coréen, à la catégorie du meilleur film en langue étrangère.

Alors qu’il était présent dans de nombreuses catégories phares des Oscars, Minari n’avait pas pu se présenter aux Golden Globes de la meilleure comédie ou du meilleur film dramatique. Parasite, film sacré aux Oscars l’année précédente, avait connu le même sort pour les mêmes raisons.

Des réformes jugées trop lentes

L’association de la presse étrangère d’Hollywood, un groupe d’environ 90 journalistes travaillant pour divers médias, est en butte depuis plusieurs années à des accusations de discrimination, de sexisme et de corruption.

Le mois dernier, l’organisation a adopté une série de réformes pour améliorer sa représentativité et tenter d’apaiser les critiques mais ces assurances n’ont pas convaincu l’industrie du divertissement et les reproches ont continué à pleuvoir. Des stars comme Scarlett Johansson ou Tom Cruise ont jugé ces réformes bien trop lentes et vagues tandis que deux membres de la HFPA ont démissionné de ce groupe qu’ils ont qualifié de « toxique ».

Lire aussi Trop opaques, peu représentatifs : à Hollywood, les Golden Globes tentent de se réformer

Des poids lourds, comme Netflix ou Warner Bros, ont fait savoir qu’ils ne travailleraient plus avec l’association tant que des changements significatifs n’auraient pas été mis en œuvre.

Mercredi, la HFPA a affirmé que la majorité de ses membres avaient achevé des séances de sensibilisation à la diversité et à l’inclusion. De nouvelles règles interdisant par exemple d’accepter des cadeaux et prévoyant l’embauche de conseillers à la diversité sont également prévues.

Le Monde avec AFP