Les grandes ambitions de Salto

Page d’accueil du site Salto, plate-forme de streaming en ligne sur abonnement, créée par France Télévisions, TF1 et M6.

Accueillie avec un certain scepticisme à son lancement, en octobre, la plate-forme Salto, née des ambitions de TF1, France Télévisions et M6 de concurrencer Netflix, multiplie depuis quelques semaines les bonnes surprises. Il y a d’abord eu l’acquisition de Small Axe, de Steve McQueen, minisérie mise en ligne vendredi 26 février, qui a pour cadre la communauté antillaise de Londres. Suivie, vendredi 16 avril, par la mise à disposition en avant-première des tribulations d’une surdouée loufoque interprétée par Audrey Fleurot : HPI a depuis battu des records d’audience en linéaire sur TF1.

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Cerise sur le gâteau, Salto a mis la main sur l’émission « Friends : The Reunion », premières retrouvailles des six copains new-yorkais depuis l’arrêt de la sitcom en 2004, mise en ligne simultanément aux Etats-Unis (sur HBO Max) et en France. Ce « coup », dont on peut dire qu’il a définitivement déringardisé Salto, a tout du jackpot : jeudi 27 mai, jour de la mise en ligne, l’émission totalisait 21 % de la consommation globale sur la plate-forme, avec un bond de 31 % de la fréquentation de la plate-forme sur la journée.

Salto ne communique ni sur le nombre de ses abonnés ni sur le coût d’acquisition des programmes

Difficile pour l’instant d’estimer les retombées de ces trois opérations : la plate-forme ne communique ni sur le nombre de ses abonnés ni sur le coût d’acquisition des programmes. Mais rentabiliser l’achat d’un gros morceau comme l’épisode spécial de Friends (dont on sait seulement que chaque acteur a reçu, selon Variety, au moins 2,5 millions de dollars – 2 millions d’euros – pour participer) nécessite une hausse massive des souscriptions.

A l’instar des mastodontes américains, la française soigne le flou autour de son parc d’abonnés, estimé à 200 000 (période d’essai gratuite comprise) au mois de janvier par Les Echos. Seule donnée concédée par Thomas Follin, directeur général de la plate-forme : un abonnement sur cinq à une plate-forme de SVOD est aujourd’hui capté par Salto. Cette poussée de croissance devrait bénéficier d’un effet cliquet typique de ce type de service, et renforcé par la pandémie de Covid-19 : une fois l’abonnement pris, même si ce n’est que pour Friends, une part des nouveaux enrôlés le conservera. Une étude réalisée par Webedia pour son site Allociné en mai 2020 montrait qu’un seul répondant sur dix pensait « se désinscrire d’un service de SVOD à la fin du confinement ».

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