Les grandes expositions de la rentrée 2021

Georgia O’Keeffe, « Pelvis With Distance » (1943). Huile sur toile.

LA LISTE DE LA MATINALE

De Botticelli à Morozov, en passant par Bonnard, le couple Anni et Josef Albers ou Goldorak, les expositions de la rentrée sortent le grand jeu, à Paris comme en région.

  • Printemps de septembre à Toulouse

Gérard Fromanger, « De toutes les couleurs, peinture d’histoire », détail (1991-1992). Centre national des arts plastiques, Paris.

Lancé il y a trente ans à Cahors, puis transféré à Toulouse dix ans plus tard, le festival revient mettre la création contemporaine au cœur de la ville et de ses environs, entre expositions, projections, performances et rencontres. Les œuvres d’une quarantaine d’artistes de toutes générations (dont Katinka Bock, Gérard Fromanger, Miriam Cahn, Jean-Luc Verna, Cathryn Boch, Yan Pei-Ming ou encore Sarkis) seront visibles dans une vingtaine de lieux et à travers une déambulation à découvrir à la tombée du jour. « Sur les cendres de l’hacienda » : le titre poétique de cette édition anniversaire est moins un thème que le prisme d’une époque désenchantée dans laquelle l’artiste est tantôt en proie aux heurts du réel, tantôt tourné vers son imaginaire, tantôt encore concentré sur l’histoire formelle de sa pratique.

Printemps de septembre, à Toulouse. Du 17 septembre au 17 octobre.

  • « Botticelli, artiste et designer » au Musée Jacquemart-André à Paris

Sandro Botticelli, « Figure allégorique dite La Belle Simonetta » (vers 1485). Tempera et huile sur bois de peuplier.

Il y a des expositions qui relèvent de l’exploit : réunir, à Paris, une quarantaine d’œuvres de Sandro Botticelli (1445-1510) en est un. Le regretté Daniel Arasse y était parvenu, il y a une vingtaine d’années, au Musée du Luxembourg. Cette fois-ci, ce sont Ana Debenedetti et Pierre Curie qui le réalisent, au Musée Jacquemart-André. Des prêts exceptionnels et des œuvres qui ne le sont pas moins, pour la délectation, certes, mais aussi pour une meilleure connaissance des pratiques des grands ateliers italiens de la Renaissance : loin d’être un génie solitaire, Botticelli était entouré d’une noria d’assistants talentueux, qui touchaient à tous les métiers de la création. D’où ce sous-titre anachronique, « artiste et designer » dont on est impatient de vérifier la pertinence.

« Botticelli, artiste et designer », au Musée Jacquemart-André, Paris 8e. Du 10 septembre au 24 janvier.

  • « Enfin le cinéma ! » au Musée d’Orsay, à Paris

Dominique Païni n’a pas inventé le cinéma, mais il aurait pu. C’est en grande partie grâce à lui que les historiens d’art, généralement adeptes des images fixes, ont pris conscience que celles qui bougent avaient marqué les artistes qui les ont regardées. Après avoir travaillé sur l’influence que le cinéma a pu avoir sur Picasso ou Matisse, entre autres, le commissaire d’exposition remonte aux origines avec cette exposition au Musée d’Orsay. Celle-ci montre qu’avant la mise au point des pellicules projetées dans des salles de spectacle, donc avant les premières projections des frères Lumière à Paris, en 1905, le mouvement, les lumières et les ombres qui sont leur corollaire avaient fasciné tant les chercheurs que les artistes, les scientifiques que les montreurs de marionnettes, les sociétés savantes que le grand public. Et comment les peintres s’en sont délectés.

Il vous reste 87.18% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.