« Les Inrocks » condamnés aux prud’hommes pour le licenciement du journaliste David Doucet

Le conseil des prud’hommes de Paris a condamné vendredi 3 septembre le magazine Les Inrockuptibles pour avoir licencié « sans cause réelle et sérieuse » son ex-rédacteur en chef David Doucet, écarté en 2019 suite à l’affaire de la Ligue du LOL, a-t-on appris samedi auprès de son avocate.

Le mensuel a été condamné vendredi à verser au journaliste 25 000 euros de dommages et intérêts et autour de 20 000 euros d’indemnités de licenciement, de préavis et de congés payés afférents, a précisé son conseil, Me Sylvie Topaloff, confirmant une information de Mediapart et de Marianne. « Le jugement indique que le licenciement a été fait sans cause réelle et sérieuse. Je considère que la réparation financière est sans commune mesure avec le préjudice moral qui a été infligé à David Doucet », a expliqué l’avocate.

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« Il a traversé deux ans de véritable cauchemar ; il a perdu son travail, sa famille, ses amis, son honneur, sa réputation. C’était coûteux, violent sur le côté psychologique, il était devenu un pestiféré », a-t-elle ajouté, précisant que son client ressentait un « énorme soulagement ».

« Ils ont cédé à la pression »

M. Doucet avait été licencié en février 2019 pour « faute grave », suite à l’affaire de la Ligue du LOL, un groupe Facebook rassemblant journalistes et communicants dont certains ont été accusés de harcèlement sur Internet, principalement sur des jeunes femmes. Le journaliste avait admis avoir été l’auteur de deux canulars téléphoniques et s’était « désolé » de la « dégueulasserie de ces actes ».

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La direction des Inrocks avait justifié son licenciement par l’impact négatif sur « l’image du journal » et sur sa « crédibilité journalistique » au sein de leur rédaction. « Il y a eu un licenciement totalement injustifié basé sur 25 témoignages farfelus et indirects. Il n’y avait aucun élément sérieux et Les Inrocks ont reconnu devant les prud’hommes qu’il n’y a pas eu enquête interne. Ils ont cédé à la pression », a encore estimé l’avocate.

Le mensuel avait également reproché à David Doucet son management par la terreur, dont il s’est toujours défendu. Joint par l’Agence France-Presse, l’intéressé n’a pas souhaité faire de commentaire et Les Inrocks n’étaient pas joignables samedi.

Le Monde avec AFP