« Les investisseurs institutionnels, les “zinzins”, misent sur le zinc »

Matières Premières. Le zinc s’envole vers des hauteurs stratosphériques. Le cours du métal se négocie en effet au plus haut depuis 2007. Il a passé le cap des 3 600 dollars (3 100 euros) la tonne sur le London Metal Exchange (LME), signant une ascension de près de 30 % depuis le début de l’année. Les investisseurs institutionnels, les « zinzins », misent sur le zinc.

Ne pas croire toutefois que cette soudaine flambée soit liée à la réouverture des bars et restaurants, mis en veilleuse pendant la pandémie de coronavirus. Si les habitués ont bien renoué avec le petit noir ou le verre au comptoir, pas de quoi affoler les compteurs boursiers. D’autant que souvent, le fameux « zinc », n’est autre que de l’étain ou de l’acier inoxydable.

La flamme spéculative qui embrase le métal bleuté est, en fait, alimentée par la crise énergétique. Avec un paradoxe. La réduction du flux de gaz a propulsé le zinc vers des sommets. Les lois du marché ne sont pas celles de la physique… Gaz, électricité, pétrole, charbon, toutes les sources d’énergie subissent des hausses de prix spectaculaires. Une flambée qui brûle les doigts des industriels. Certains ont même été contraints de placer fonderie ou laminoir sous éteignoir.

Fièvre acheteuse

Ce ralentissement forcé touche la Chine comme l’Europe. A l’exemple de l’entreprise Nyrstar, l’un des grands producteurs de zinc, qui a annoncé réduire de moitié la cadence de trois de ses sites européens face à la hausse des coûts énergétiques. En Europe, la facture gazière a explosé sur fond de redémarrage économique et de stocks limités. Rien de tel pour souffler encore sur les braises et chauffer à blanc le zinc. Le mouvement avait déjà été bien amorcé par la baisse de régime des usines chinoises suscitée par les coupures électriques à répétition depuis fin août. La pression sur l’approvisionnement en charbon, dont le prix a bondi, met ces entreprises sur courant alternatif.

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D’autres métaux sont portés à ébullition dans le creuset de la spéculation. Le cours du cuivre est repassé au-dessus de la barre des 10 000 dollars la tonne. Un palier historique déjà franchi en mai. Vendredi 15 octobre, il se négociait, en séance, à plus de 10 200 dollars la tonne sur le LME. La fonte rapide des stocks de métal rouge alors que la demande reste soutenue inquiète les marchés. L’aluminium, très gourmand en ressource énergétique pour sa fabrication, est au diapason du cuivre. Il se négocie à des niveaux records à plus de 3 000 dollars la tonne. De même pour le nickel.

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