Les merveilles de Marseille

Par Thomas Doustaly

Publié aujourd’hui à 18h00

Le long de la corniche, du Vieux-Port aux Calanques, Marseille renaît. Une invitation à se balader d’ouest en est, entre plages, bonnes adresses et ballades, jusqu’à Callelongue, où la route s’arrête pour ne plus recommencer.

Qui dit mer dit bateau. Oublié l’inaccessible Phocéa, la nouvelle vedette du Vieux-Port côté mairie c’est le Noctilio 1930. Un « bar sur la mer » installé sur le pont d’une goélette à deux mâts où l’on monte pour grignoter des tapas en buvant un coup le soir, quand le soleil se couche derrière le fort Saint-Jean et fait scintiller la Vierge dorée au sommet de la Bonne Mère.

Ici, le bout du monde a un nom : Callelongue. Dans ce petit port s’arrête la route et commence le parc national des Calanques.

De l’autre côté du port, sous le Pharo, le chantier naval de la famille Borg perpétue la tradition des charpentiers de marine en restaurant mais aussi en fabriquant, sur commande, les fameuses barquettes marseillaises, autrement appelées « pointus », emblématiques de la ville. Quand il y a un mât, il est en pin, mais le signe distinctif, c’est le capian, à l’avant du bateau, qui sert à l’amarrer.

Passionné, Denis Borg fait découvrir les lieux lors d’une visite qui peut se conclure par un verre. « Pour faire d’une épave un bateau, explique-t-il, il faut 500 heures de travail. C’est pour cela que nous sommes labellisés “Entreprise du patrimoine vivant” et classés au Patrimoine immatériel par l’Unesco. » Ciseaux, serre-joints, pots de colle, peintures, les instruments forment un décor biggaré sur les murs. La vue sur l’entrée du Vieux-Port est splendide.

Sur le « Noctilio 1930 ».

A partir de la plage des Catalans, toutes les solutions existent pour aller jusqu’à Callelongue : piste cyclable, voie piétonne partiellement protégées, et bien sûr la route de la Corniche. Les Catalans et le Cercle des nageurs (il faut être membre pour y nager ou y être invité) forment un ensemble très authentiquement marseillais.

Pas de carte de membre en revanche pour aller se baigner sur la plage des Catalans ; ici, peu de touristes tant cette plage de centre-ville est celle des habitants et des habitués : dames et messieurs d’un âge parfois canonique ouvrent le bal le matin, suivent les familles puis les bandes d’ados avant la fermeture de la grille à 20 heures.

La plage des Catalans et le Cercle des nageurs de Marseille.

Criques, plages, anses, les endroits de baignade le long du parcours sont régis par des codes que les Marseillais connaissent sans les avoir appris : le Bain des dames et ses cabines attirent les familles et… les graffeurs ; l’anse des Phocéens, que les Marseillais appellent encore souvent la plage de l’Abri-Côtier, du nom d’une paillote légendaire remplacée par Le Cabanon de Paulette, est parfaite pour grignoter ou boire un verre ; quant aux rochers inconfortables du mont Rose, à la Madrague, où la baignade est un peu difficile, c’est la plage gay de Marseille dont le côté sauvage annonce déjà les Calanques.

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