Les Nuits sonores reviennent, avec une programmation française, féminine et éclectique

Première soirée des Nuits Sonores 2021, « Paradox » par Jean Phi Dary et Jeff Mills, le 20 juillet.

Dans l’excellent documentaire de Gabin Rivoire Laurent Garnier : Off the Record, présenté en avant-première, lundi 19 juillet, à Lyon, la veille des premiers concerts de la 18e édition du festival Nuits sonores, on entend cette figure du DJing français expliquer la fusion quasi charnelle pouvant unir les as de la techno et les danseurs. Une relation illustrée dans le film par des images d’extases collectives courantes dans le monde d’avant la pandémie.

Le 20 juillet, c’est d’abord au cerveau plutôt qu’aux tripes que semblait s’adresser le lent magma synthétique distillé par la Russo-Berlinoise Dasha Rush. Une métaphore d’un « Vortex » illustrée par les créations fractales du graphiste Julius Horsthuis projetées sur le dispositif immersif d’un écran vidéo à 360° surplombant le public réuni dans l’un des deux halls des anciennes usines Fagor-Brandt, le plus vaste des trois lieux d’accueil de Nuits sonores 2021. Même sensation cérébrale, un peu plus tard avec les arythmies propulsées par le sculpteur sonore XL.IKS. « Une partie des artistes a été choisie alors que nous pensions devoir jouer devant un public assis », explique Pierre-Marie Oullion, le programmateur du festival.

A un moment où les musiques électroniques et leur exubérant public semblaient devoir être l’une des victimes majeures des premiers critères sanitaires de relance des manifestations estivales annoncés en février, l’événement lyonnais choisissait de s’adapter « plutôt que d’imaginer trois années sans contact avec notre public », insiste Vincent Carry, président d’Arty Farty, l’association organisatrice de Nuits sonores. Pour lui, l’identité même du festival permettait cette orientation plus contemplative. « Nous ne nous sommes jamais contentés du côté dance de ces musiques », dit-il.

Habituellement programmé en mai, Nuits sonores s’est décalé du 19 au 25 juillet en évoluant au rythme des améliorations des normes sanitaires. Réduit au quart de ses activités et capacité (une jauge de 5 000 personnes, debout et non masquées, au lieu des 20 000 spectateurs quotidiens), le festival débutait doucement en début de semaine – 3 500 billets vendus pour la soirée d’inauguration –, en prévoyant de jouer à guichets fermés jeudi, vendredi et samedi prochains.

Une bonne fréquentation également relevée sur le site de Heat, leur « food court » du quartier de Confluence, accueillant des DJ de 16 heures à 1 heure du matin, et au Sucre, le club posé sur le toit d’une ancienne usine sucrière en bord de Saône. « Notre public est attaché à un projet global plus qu’aux grands noms d’une programmation », assure Pierre-Marie Oullion.

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