Les patrons de la Réserve fédérale à Boston et Dallas démissionnent après avoir joué en Bourse

Robert Kaplan quittera la tête de la Fed de Dallas (Texas) le 8 octobre prochain. Ici à New York, en 2017.

Opération mains propres dans le système des banques centrales américaines. Les présidents de deux banques centrales régionales – celles de Boston (Massachusetts) et de Dallas (Texas) – ont tous deux annoncé leur départ prématuré, lundi 27 septembre, pour avoir investi sur les marchés financiers en 2020, année d’incroyable yoyo financier. Robert Kaplan, président de la Fed de Dallas, a annoncé que sa démission serait effective dès le 8 octobre. Il s’est avéré que cet ancien de Goldman Sachs, âgé de 64 ans, avait effectué des transactions pour des montants cumulés de plusieurs millions de dollars. Selon sa déclaration d’intérêts, il possède un portefeuille d’actifs variés dont vingt-sept lignes ont une valeur individuelle supérieure à 1 million de dollars (des actions Apple, Alibaba, General Electric, Chevron, Occidental Petroleum… et quelques fonds d’investissements).

« La Réserve fédérale s’approche d’un moment critique pour notre reprise économique alors qu’elle réfléchit à l’orientation future de sa politique monétaire. Malheureusement, l’attention portée ces derniers temps sur mes déclarations d’intérêts financiers risque de perturber ce travail vital de la Réserve fédérale, a déclaré M. Kaplan dans un communiqué. Pour cette raison, j’ai décidé de prendre ma retraite de président de la Federal Reserve Bank de Dallas. » M. Kaplan avait travaillé pendant vingt-trois ans chez Goldman Sachs, jusqu’en 2006, avant de devenir professeur à Harvard, où il avait fait ses études, puis patron de la Fed de Dallas en 2015.

Le patron de la Fed de Boston, Eric Rosengren, 64 ans, a été moins direct, puisqu’il explique se retirer pour des raisons de santé – il est candidat à une greffe du rein – de manière anticipée, dès le 30 septembre plutôt qu’en juin 2022 lorsqu’il sera atteint par la limite d’âge de 65 ans. Début septembre, cet homme qui a accompli ses trente-cinq ans de carrières à la Fed de Boston avait décidé – comme M. Kaplan – de liquider son portefeuille, après avoir révélé des transactions inférieures ou égales à 50 000 dollars (42 750 euros) chacune, mais qui concernaient le secteur immobilier, porté sous perfusion lui aussi par la Fed : « Bien que mes transactions d’épargne et d’investissement personnelles soient conformes aux règles d’éthique de la Réserve fédérale, j’ai décidé de traiter même l’apparence de tout conflit d’intérêts en décidant de vendre mes titres et de les investir passivement », avait-il déclaré.

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La Fed a douze banques régionales. Avec les sept membres du directoire de la Fed de Washington, le président de l’institution de New York a un droit de vote permanent au conseil de politique monétaire, qui définit la politique de la Fed, tandis que les onze autres banques régionales ne votent que par rotation, seuls quatre postes leur étant dévolus. Elles participent toutefois activement aux débats. Le président de la Fed de Boston, M. Rosengren, n’a pas voté en 2020 mais a eu un rôle important dans les plans de sauvetages de l’économie et devait retourner au comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) en 2022. Celui de la Fed de Dallas, M. Kaplan, a voté en 2020 et devait revenir au FOMC en 2023.

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