Les Rencontres d’Arles explorent les identités et leurs reflets

Vue de l’exposition « The New Black Vanguard » aux Rencontres d’Arles, dans les Bouches-du-Rhône, le 4 juillet 2021.

Les Rencontres d’Arles ont ouvert, dimanche 4 juillet, leur semaine professionnelle sous des seaux de pluie, mais en grande pompe, devant la ministre de la culture, pour un cru exceptionnel à bien des égards. C’est la première édition du nouveau directeur des Rencontres d’Arles, Christoph Wiesner, qui, après l’annulation de l’édition précédente, a préféré miser sur « la continuité plutôt que la rupture », et a conservé une dizaine d’expositions de son prédécesseur, Sam Stourdzé.

Face aux incertitudes de la situation sanitaire, le festival a aussi dû s’adapter et assurer ses arrières : avec 55 % de son budget financé par ses ressources propres, la manifestation consacrée à l’image fixe est particulièrement vulnérable aux aléas des variations de jauge. « Les collectivités publiques nous ont garanti que, en plus de leurs subventions habituelles, elles nous accompagneraient en cas de chute de la billetterie, ce qui nous a permis de lancer l’édition de façon plus sereine », souligne Aurélie de Lanlay, directrice adjointe de la manifestation. Le budget général a été revu à la baisse, à environ 6,5 millions d’euros, et le nombre des expos réduit à une trentaine.

Le festival a également lancé une application efficace et soignée, qui permet de se repérer dans les divers lieux d’exposition, de réserver sa place, de voir quelle exposition est fréquentée ou vide. « Nous voulions garder l’esprit libre du festival, tout en assurant une visite sûre et agréable aux visiteurs, poursuit Aurélie de Lanlay. Nous avons finalement décidé de ne pas rendre la réservation obligatoire. Et le système informatique nous permet de réagir très rapidement en cas de baisse des jauges. » Il a aussi été décidé que les traditionnelles soirées au Théâtre antique ne seraient pas soumises au passe sanitaire – ce qui a entraîné la limitation du nombre de spectateurs à 999 personnes.

Regards corrosifs

Malgré toutes ces contraintes, l’édition s’avère à la fois riche et cohérente : partant de la sélection établie par son prédécesseur, Christoph Wiesner semble avoir voulu prolonger et même accentuer la direction esquissée en 2020, avec un festival d’abord ouvert aux sujets politiques et sociaux, explorant les questions brûlantes de l’identité. Sur ce thème, la plus réussie est sans aucun doute l’exposition « Masculinités », qui est présentée à la Mécanique générale, à la Fondation Luma : un ensemble de regards d’artistes corrosifs, mais aussi pleins d’humour, qui interrogent et remettent en cause les codes habituels de la virilité.

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