Les salariés de BFM-TV et RMC appelés à débrayer pour des revalorisations salariales

Une journaliste de la chaîne d’information française BFM-TV porte un micro dans sa poche, à Paris, France, le 27 juillet 2015.

Les salariés de NextRadioTV, maison mère de BFM-TV et RMC, sont appelés à débrayer jusqu’à mercredi 23 juin, dans la soirée, pour réclamer des revalorisations salariales, ont annoncé mardi des sources syndicales à l’Agence France-Presse (AFP). Une annonce qui intervient un an après une grève inédite de plusieurs jours contre des suppressions de postes.

L’appel à débrayage, lancé par une intersyndicale (CGT-CFDT-SNJ-UNSA-CFTC-FO), a été voté par quelque 150 salariés en assemblée générale, deux ayant voté contre, trois s’étant abstenus, a précisé Paulina Benavente, déléguée syndicale SNJ. Il a démarré mardi à 14 heures et doit se terminer mercredi à 23 h 59, les syndicats invitant les salariés à « cesser le travail pendant une heure ou deux » en se coordonnant « pour impacter les antennes », a-t-elle ajouté.

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A l’origine du mouvement, l’échec des négociations obligatoires annuelles (NAO), lors desquelles les syndicats ont réclamé une augmentation collective de 2 % pour les salariés de la filiale de médias du groupe Altice (BFM-TV, RMC, RMC Sport, BFM Business, RMC Découverte, RMC Story…).

« Avoir les moyens d’exercer nos métiers »

La direction, elle, propose notamment une augmentation collective de 1 % concernant 197 salariés (dont le salaire annuel fixe de base brut est inférieur à 35 000 euros), sur un total de 1 500 environ (dont 1 100 CDI), déplore la syndicaliste. Alors que la branche médias du groupe a engrangé « 37,1 millions d’euros de bénéfice net en 2020 », selon elle.

Les salariés s’inquiètent en outre « des conséquences du plan de départs volontaires » lancé l’année dernière pour supprimer notamment 245 postes en CDI, a insisté Paulina Benavente, pointant un défaut d’organisation. « On n’a pas d’assistance technique le week-end, des salariés se voient refuser leurs congés… », a-t-elle énuméré. « On veut avoir les moyens d’exercer nos métiers » après « une année un peu compliquée », a résumé Thomas Léonetti (CGT). Sollicitée par l’AFP, la direction n’a pas souhaité commenter.

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Dans un courrier envoyé aux salariés, consulté par l’AFP, le directeur général d’Altice Média, Arthur Dreyfuss, a souligné que la filiale était, à sa « connaissance », le « seul groupe média majeur à appliquer cette année une augmentation collective », parmi diverses mesures, tout en rappelant la prime de 1 000 euros versée à l’ensemble des salariés fin 2020.

En 2020, une grève de plusieurs jours contre le plan de départs volontaires avait entraîné l’annulation de la soirée électorale du second tour des municipales.

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Le Monde avec AFP