L’escalade de bloc, « le plus collectif des sports individuels »

La salle de restauration de l’espace Arkose Didot à Paris.

Un lundi soir d’octobre, à quelques encablures de la porte d’Orléans, à Paris. Chaussons suspendus au sac à dos, des nuées de trentenaires s’engouffrent à intervalles réguliers à l’entrée de la salle d’escalade Arkose Didot. Plantes vertes à profusion, mobilier en bois et graff tropical accueillent ces Tarzan urbains, venus pour faire leur séance de bloc, c’est-à-dire sans baudrier, ni mousqueton ni corde. On grimpe ici sur des murs limités à 4,5 mètres de haut, constellés de prises de différentes couleurs et de dévers saillants. Nul besoin d’apprentissage, les règles de sécurité sont simples, et les chutes amorties par des crash pads, des gros tapis de sol bien moelleux.

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Chaque jour, 250 grimpeurs, de 7 heures à minuit, partent à l’assaut de leur sommet artificiel du 14e arrondissement. Comme souvent, ce soir-là, il y a autant de monde sur les parois qu’au bas des tapis. Nez en l’air, hommes et femmes araignées en Lycra se regardent, se donnent des conseils, s’encouragent. « Avance ton pied sur la bleue et pousse sur tes jambes pour te propulser vers le haut », explique un sportif au repos à un débutant coincé sur sa muraille.

« C’est le plus collectif des sports individuels », estime Grégoire de Belmont, cofondateur et associé d’Arkose

Pour s’initier, s’entraîner, s’amuser, se rencontrer, les blocparks sont devenus en quelques années un rendez-vous « afterwork » prisé des jeunes urbains. Un engouement qui a vu l’éclosion des salles et la multiplication des pratiquants. « Plus de vingt salles sont sorties de terre pendant la crise sanitaire, et autant devraient être ouvertes en 2022 », se félicite Ghislain Brillet, président de l’Union des salles d’escalade (UDSE) et gérant de deux espaces à Strasbourg. Au total, trois millions de personnes pousseraient chaque année les portes des quelque 200 salles françaises.

Pas gênant de venir seul

Si l’escalade de bloc séduit autant un public de jeunes (18-35 ans), majoritairement masculin (entre 60 % et 70 % selon les salles), ce n’est pas uniquement parce qu’elle muscle harmonieusement le corps, pour un prix relativement abordable (15 euros en moyenne à la séance, une cinquante d’euros l’abonnement mensuel, voire moins, selon les heures). L’activité, très conviviale, répond au besoin de sociabiliser. « C’est le plus collectif des sports individuels », soutient Grégoire de Belmont, 45 ans, l’un des cofondateurs et associés d’Arkose (300 salariés, 20 salles en France). « La discussion démarre naturellement sur les tapis, il faut vraiment le vouloir pour n’y rencontrer personne. »

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