L’Europe au défi de la flambée des prix de l’énergie

Manifestation contre la hausse du prix de l’électricité, à Madrid, le 19 septembre 2021.

L’Europe souffre d’un soudain accès de fièvre des prix de l’énergie. Depuis le mois d’avril, sur les marchés de gros, le prix du gaz a quadruplé : un premier doublement jusqu’en août, suivi du même phénomène, beaucoup plus violent, depuis un mois.

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Pour les économies européennes, en pleine reprise post-Covid-19, le choc est rude. En Espagne, les factures d’électricité ont augmenté de 37 % en un an. En Italie, l’annonce, début septembre, d’une hausse vertigineuse des factures pour le dernier trimestre (+ 30 % pour le gaz et + 40 % pour l’électricité) a soulevé de grosses inquiétudes. En Belgique, où les prix de l’énergie étaient déjà parmi les plus élevés d’Europe, on estime que, dans le pays, un ménage sur cinq est en situation de « précarité énergétique » avant l’hiver, une proportion qui grimpe à un sur quatre en Wallonie.

Partout à travers le continent, les gouvernements sont obligés de monter au créneau. En Espagne, l’Etat a réduit la TVA et les impôts sur les factures d’électricité. En Italie, jeudi 23 septembre, l’exécutif a débloqué 3 milliards d’euros pour une série de mesures d’urgence, qui reviendront à effacer les hausses de l’énergie pour 3 millions de ménages modestes et pour les très petites entreprises, ainsi qu’à instaurer des baisses temporaires de TVA pour tous. En France, un chèque énergie de 100 euros doit être versé en décembre à près de 6 millions de foyers. La Belgique, la Grèce, le Portugal discutent aussi de mesures d’aide.

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Les dirigeants politiques se veulent rassurants, mais leurs phrases ont tendance à trahir une très sérieuse inquiétude. « Absolument personne ne parle d’être à court d’électricité ou que les gens ne puissent plus chauffer leur maison », expliquait récemment devant la Chambre des communes Kwasi Kwarteng, le ministre britannique de l’industrie.

Manifestations en Espagne

Dans son sillage, le gaz pousse à la hausse les autres hydrocarbures. Le prix du charbon, qui demeure utilisé dans de nombreuses centrales électriques, a été multiplié par deux et demi en un an. Le baril de Brent a doublé sur la même période, à 76 dollars (environ 65 euros). A la pompe, l’essence sans plomb a grimpé de 26 centimes, à 1,67 euro le litre.

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Les premiers symptômes de cette fièvre énergétique sont apparus à la fin du printemps en Espagne, un pays où de nombreux ménages ont des factures indexées sur les prix de gros. D’une trentaine d’euros par mégawattheure au début de l’année, le prix de l’électricité avait triplé, à plus de 90 euros en juin. Inquiet, le gouvernement espagnol, mené par le socialiste Pedro Sanchez, a baissé provisoirement la TVA sur l’électricité de 21 % à 10 %, afin d’alléger la facture.

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