L’expérimentation sur les risques de transmission du Covid-19 en discothèque reportée faute de volontaires

Les deux soirées test inédites prévues samedi 26 juin à Paris sur les risques de transmission du Covid en discothèque chez des personnes vaccinées ont été repoussées « à une date ultérieure », faute de volontaires en nombre suffisant, ont annoncé les organisateurs.

Ces derniers, qui espéraient recruter 4 400 Franciliens âgés de 18 à 49 ans et intégralement vaccinés, ont expliqué dans un communiqué que « le nombre de volontaires [n’était finalement] pas suffisant pour permettre à l’étude d’apporter, dans le contexte épidémique actuel, des résultats concluants ».

Baptisée « Reviens la nuit » et pilotée par l’agence de recherche ANRS/Maladies infectieuses émergentes avec l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, l’expérience devait se dérouler de 23 heures samedi à 6 heures du matin dimanche, dans deux salles, le Cabaret sauvage (19e arrondissement de Paris) et La Machine du Moulin Rouge (18e arrondissement).

Le délai de recrutement des volontaires était court, trois jours seulement : après l’obtention des autorisations nécessaires, le projet avait été rendu public mercredi. « Les équipes scientifiques, logistiques et artistiques restent mobilisées et unies sur ce projet pour une expérimentation qui se tiendra à une date ultérieure, lorsque toutes les conditions nécessaires à sa réalisation seront favorables et plus propices au temps de la recherche », poursuit le communiqué.

Pas d’incidence sur les mesures annoncées

L’expérience avait pour but d’évaluer « la transmission du SARS-CoV-2 lors d’événements clubbing en intérieur, à jauge pleine, chez des gens vaccinés », détaillait, avant que le report ait lieu, le coordinateur du projet, le Dr Jérémy Zeggagh.

Selon le plan de déconfinement du gouvernement, les discothèques doivent rouvrir le 9 juillet, avec une jauge de 75 % du public (vacciné ou pouvant présenter un test négatif) et port du masque recommandé. L’étude n’était pas censée avoir d’incidence sur ces mesures déjà annoncées, mais les organisateurs espéraient que ses résultats, qu’ils promettaient pour la fin juillet, pourraient permettre d’adapter lesdites mesures à la fin de l’été.

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Les soirées devaient être animées par des DJ réputés : le vétéran Laurent Garnier, Etienne De Crécy, Pedro Winter, Kiddy Smile, Chloé, Bambounou, Mad Rey, Roni, ou encore Rag. « Merci à l’ANRS pour votre travail et votre invitation à participer à cette étude. Je suis profondément désolé de ne pas pouvoir être avec vous ce soir. Je soutiens fermement vos efforts et je serai là la prochaine fois », a d’ores et déjà assuré Laurent Garnier sur Twitter.

Le protocole de l’expérience prévoyait que seule une moitié des volontaires participe aux soirées, sur la base d’un tirage au sort, et que le groupe ainsi formé puisse être comparé, au terme de la soirée, à l’autre moitié de la population, qui de son côté ne serait pas sortie. Il aurait dès lors été possible d’observer l’incidence d’une nuit de clubbing sur le taux de contamination au SARS-CoV-2. A ce titre, il était prévu que les volontaires se soumettent à un premier test PCR préalablement à la soirée, puis à un second sept jours après celle-ci. L’accès aux deux soirées était garanti à tous les participants tirés au sort, et à plus forte raison à ceux dont le test se serait, en dépit du fait qu’ils soient vaccinés, révélé positif – l’objectif étant d’en savoir davantage sur la transmission du virus chez les personnes vaccinées.

Dans le même ordre d’idées, un concert-test du groupe Indochine s’était tenu le 29 mai à Bercy, avec pour l’occasion un public de 5 000 spectateurs, tous masqués et testés négatifs. Les résultats de cette première expérimentation sont attendus début juillet.

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Le Monde avec AFP