L’hôtellerie française entrevoit la sortie de crise

Façade d’un hôtel parisien, le 6 août 2020.

Dans l’hôtellerie française, les clients sont revenus avant les employés. Cela n’est pas sans causer quelques maux de tête aux hôteliers, mais c’est toujours un problème de moins, après plus d’un an de chambres vides et de formulaires remplis pour percevoir les aides publiques.

Le cabinet spécialisé MKG constate que l’hôtellerie française a davantage travaillé tout au long de la crise que ses voisines européennes, même si Paris reste un point noir. Parallèlement, le Conseil d’analyse économique (CAE), dans un rapport publié mercredi 29 septembre, dresse un bilan rassurant de leur trésorerie, au moment où le système d’aides est arrivé à son terme.

Le CAE relève que les TPE et PME de l’hôtellerie-restauration ont une dette nette inférieure à celles des autres secteurs, à une exception près : l’Ile-de-France. Les auteurs de l’étude relèvent une probable « surcompensation » des pertes d’activité par les aides de l’Etat, et notamment des prêts garantis par l’Etat. Dans le secteur hôtelier, leur remboursement ne fait pas particulièrement frémir. Tout le monde n’y a pas touché et un bel été a permis de remplir les caisses.

Les encours bancaires nets analysés par le CAE – qui prennent en compte les emprunts – signalent des entreprises globalement en meilleure santé qu’avant la pandémie, avec une amélioration marquée depuis février. Peu d’établissements ont disparu, beaucoup ont engagé des travaux de rénovation durant leur fermeture, de sorte que le secteur est globalement bien placé pour profiter de la reprise – n’était-ce ce problème persistant du manque d’attractivité pour la main-d’œuvre, sur lequel l’hôtellerie commence à ouvrir les yeux.

La France a mieux résisté

« Depuis mai, nos hôtels dégagent assez de profit pour payer les loyers à nos propriétaires », observe Fabrice Collet, président de la chaîne d’hôtellerie économique B & B Hotels. Au mois d’août, ses établissements ont dégagé un revenu par chambre identique à 2019. En septembre, le groupe atteint 85 % de ses chiffres d’il y a deux ans dans ses quelque 500 structures européennes, malgré l’absence de grands concerts ou d’événements comme l’Oktoberfest à Munich, qui font habituellement monter les prix. « On pense revenir à 100 % d’ici la fin de l’année. Honnêtement, c’est reparti à toute vitesse », reprend M. Collet.

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C’est une constante depuis le début de la pandémie : l’important marché domestique français – et l’ouverture quasi permanente des écoles – a permis aux hôtels de mieux résister, en particulier grâce aux vacanciers mais aussi grâce à l’activité du BTP, qui génère des nuitées considérables.

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