Lidl mis en examen six ans après le suicide d’un salarié

Le groupe de distribution Lidl a récemment été mis en examen pour homicide involontaire et harcèlement moral, plusieurs années après le suicide d’un salarié et le burn-out du supérieur de ce dernier, a-t-on appris, lundi 13 septembre, de sources concordantes, confirmant une information du quotidien 20 Minutes.

La mise en examen intervient six ans après le décès de Yannick Sansonetti, technicien de maintenance de 33 ans retrouvé pendu le 29 mai 2015 sur son lieu de travail, un entrepôt Lidl à Rousset, près d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

« La famille attendait ça depuis très longtemps, beaucoup trop longtemps. Maintenant, la suite logique de cette mise en examen serait la fin rapide de l’instruction », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Me François Burle, l’avocat du frère et de la mère de Yannick Sansonetti.

« Faute inexcusable »

Dans ce dossier, Lidl est mis en examen pour homicide involontaire, en tant que personne morale, mais aussi pour harcèlement contre Patrice Tonarelli, responsable de l’entrepôt de Rousset, victime d’un syndrome d’épuisement professionnel avant le suicide de M. Sansonetti, a affirmé à l’AFP Me Lucien Simon, avocat de M. Tonarelli.

Contacté lundi par l’AFP, Lidl a réagi dans un courriel : « Lidl reste à la disposition de la justice et ne souhaite pas commenter une affaire en cours d’instruction. »

Au début de 2020, la cour d’appel d’Aix-en-Provence avait confirmé la condamnation au civil de Lidl pour le suicide de Yannick Sansonetti, estimant que l’entreprise avait commis une « faute inexcusable » en manquant « à son obligation de sécurité ».

La cour d’appel avait condamné Lidl à verser 35 000 euros à la veuve de Yannick Sansonetti ainsi que 30 000 euros à son fils et 25 000 euros à la mère du défunt pour « préjudice moral », des sommes similaires à celles accordées par le tribunal des affaires de sécurité sociale de Marseille en première instance en juillet 2018.

En février 2021, la plate-forme logistique Lidl de Ploumagoar (Côtes-d’Armor), près de Guingamp, a été perquisitionnée par les gendarmes et l’équipe encadrante a été placée en garde à vue dans le cadre d’une autre information judiciaire pour « harcèlement au travail ».

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Le Monde avec AFP