L’immobilier face au Covid-19 : vers des logements plus verts, plus modulables, plus chers ?

Trop petits. Pas assez verts. Sans extérieurs. Pas adaptés au télétravail… Les critiques des Français envers leurs appartements, nées des derniers confinements, remontent jusqu’aux oreilles des promoteurs.

Depuis un an, les idées fusent dans le secteur de la construction et une poignée de professionnels intègrent, dans les programmes en cours de livraison, le fruit de leurs réflexions : « Pour favoriser le télétravail, nous savons réaliser des logements avec des espaces de vie modulaires. Ils se présentent sous la forme d’un vitrage rétractable, le plus souvent posé sur des rails au sol et plafond ; cela permet d’isoler facilement une partie de la pièce (par exemple dans le salon) afin de la privatiser en espace de travail temporaire durant une partie de la journée, l’appartement retrouvant le soir sa physionomie usuelle », explique Eric Groven, président de Sogeprom.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Immobilier : est-ce le bon moment pour acheter un logement ?

D’autres, comme chez Vinci, préfèrent livrer des résidences avec des espaces de télétravail communs. C’est le cas du programme Ecloz, à Nantes, doté de 120 logements et d’un espace de coworking de 60 m², qui sera livré en juillet 2021.

Le promoteur suit également l’exode des habitants des métropoles avec un grand intérêt : « Nous misons davantage, depuis la pandémie, sur les villes moyennes. Les prochaines résidences que nous construirons se situeront à Melun, Meaux, Bourg-en-Bresse, Villefranche-sur-Saône ou Sète… Le prix du foncier y est moins cher, ce qui nous permet de livrer des biens un peu plus grands qu’avant pour les espaces extérieurs. Là où nos balcons étaient de 6 m² pour un T2, ils sont dans ces villes entre 8 m² et 10 m² », indique Bruno Derville, directeur général immobilier résidentiel et des régions chez Vinci Immobilier.

Des changements post-Covid

Quant aux extérieurs, Icade propose même aux particuliers de configurer en ligne leur terrasse à partir d’essences végétales de leur choix. Nom de code du concept : Symbiose by Icade. De quoi rendre les logements neufs immédiatement plus verts.

Pourtant, si certaines de ces innovations se voient déjà dans quelques programmes, la grande majorité d’entre elles concernent les appartements qui seront livrés à l’horizon 2023, voire 2024. « Ce qui sort de terre aujourd’hui, ce sont les projets d’avant-Covid. Des programmes pensés deux ou trois ans avant la pandémie », rappelle la Fédération française du bâtiment (FFB).

Certains promoteurs, comme chez Nexity, parviennent néanmoins à corriger le tir sur des logements déjà construits. « Nous avons pris en septembre 2020 un virage dans la production de nos logements pour tenir compte des aspirations de nos clients. Avant, 90 % des appartements que nous livrions avaient un extérieur et ce sera bientôt 100 % des biens que l’on produit. Sur nos programmes existants, lorsqu’il y avait un jardin inaccessible en rez-de-chaussée et que nous sommes toujours syndic de la copropriété, nous procédons à une modification du règlement intérieur pour rendre ces espaces accessibles à tous les habitants. Cela devrait être la norme sur l’ensemble de nos prochaines résidences », précise Helen Romano, directrice générale du pôle résidentiel Nexity.

Il vous reste 44.76% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.