« L’impasse. Comment Macron nous mène dans le mur » : réquisitoire contre « une aristocratie d’Etat endogamique »

Le livre. Voilà bientôt un demi-siècle que Guillaume Duval est engagé au sein de ce que l’on appelle la gauche de gouvernement. Après François Mitterrand en 1974 et 1981, l’ancien rédacteur en chef d’Alternatives économiques a soutenu activement Lionel Jospin en 1997 et appuyé François Hollande en 2012. « La politique que mène Emmanuel Macron depuis 2017, avec l’aide de beaucoup d’ex-socialistes, se situe aux antipodes de tout ce pour quoi je me suis battu depuis cinquante ans », affirme l’auteur de L’impasse. L’ouvrage décrypte les raisons de cet échec.

D’après l’ancien membre du Conseil économique, social et environnemental, une aristocratie d’Etat endogamique domine tout le spectre des partis de gouvernement. Elle s’est emparée en particulier du Parti socialiste, « devenu progressivement un parti de cadres animé quasi exclusivement par des hauts fonctionnaires issus de l’Ecole nationale d’administration. La présidence de François Hollande, avec la fameuse promotion Voltaire et dans son entourage direct un certain Emmanuel Macron, a été l’aboutissement, le sommet de cette évolution ».

La gauche sociale-libérale et la droite de gouvernement, dominées toutes deux par cette aristocratie d’Etat, mènent des politiques de plus en plus convergentes en matière économique et sociale, et partagent le même mépris pour les classes populaires. « Toutes deux considèrent que c’est la paresse supposée, le coût du travail trop élevé, les droits sociaux trop importants et la protection sociale trop étendue des salariés ordinaires qui sont à l’origine de nos difficultés économiques persistantes. » Emmanuel Macron incarne cette convergence, devenue une seule force politique, juge l’auteur.

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Face à l’autoritarisme d’Emmanuel Macron, Guillaume Duval appelle les syndicalistes français à se rapprocher tout en se renforçant : « Il faut un chèque syndical que chaque employeur doit verser à chaque salarié ; il faut renforcer les règles concernant les accords collectifs en portant le seuil de représentativité pour les valider au-delà de 50 %. »

Congés sabbatiques rémunérés

L’auteur milite aussi pour l’introduction de la codétermination à l’allemande pour introduire la démocratie dans l’entreprise. Ensuite, au lieu de vouloir faire travailler plus longtemps celles et ceux qui ont déjà un emploi dans un pays qui compte 6,4 millions d’inscrits à Pôle emploi, il invite à relancer la dynamique de réduction du temps de travail.

Proposer six mois de congés sabbatiques rémunérés tous les cinq ans, ou un an tous les dix ans, représenterait une réduction de 10 % du temps de travail tout en répondant à une demande sociale de temps de respiration supplémentaires, au cours d’une vie professionnelle devenue plus longue. Enfin, l’auteur souhaite le rétablissement d’un impôt sur la fortune et l’accroissement de la progressivité de l’impôt sur le revenu tout en relevant les minima sociaux.

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