Lionel Messi en partie payé en « fan token », nouvel instrument économique du sport professionnel

Lionel Messi (au milieu) lors d’une séance d’entraînement avec ses coéquipiers du Paris-Saint-Germain, au Camp des Loges, à Saint-Germain-en-Laye, le 13 août 2021.

Doté d’un salaire de quelque 41 millions d’euros par an hors prime, selon Le Parisien, le footballeur argentin a déjà écrit l’histoire. Sa rémunération inclut en effet une part de « fan tokens », selon Reuters, confirmé depuis par un communiqué du Paris-Saint-Germain. Le montant de ces jetons n’a en revanche pas été précisé.

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Jetons numériques destinés à fidéliser l’audience des clubs de sport professionnels, les fan tokens s’appuient sur une technologie similaire à celle du bitcoin, la blockchain, un registre de transactions public et numérique, à la différence notable que celle du PSG fan token est bien plus centralisée. Les jetons sont ainsi émis sur la blockchain de la compagnie Chiliz, propriétaire de Socios.com, la plate-forme partenaire du PSG. Le club parisien fut d’ailleurs le premier à s’associer il y a trois ans à cette start-up détenue par Mediarex, une société du Lyonnais Alexandre Dreyfus, dont le siège est situé à Malte.

« Le Paris-Saint-Germain est déterminé à exploiter les opportunités offertes par la cryptomonnaie. Cette technologie révolutionnaire aura un impact important sur la stratégie commerciale globale du club et sur la manière dont nous interagissons avec nos fans », expliquait à l’époque le directeur du sponsoring du PSG, Marc Armstrong. Depuis, Socios.com a multiplié les partenariats avec d’autres clubs, tels que la Juventus Turin, le Milan AC, le FC Barcelone ou Galatasaray.

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Source de nouveaux revenus

En ligne de mire pour les clubs, de nouveaux revenus : comme leur nom l’indique, les fan tokens sont en premier lieu vendus aux supporters contre la promesse d’avantages exclusifs, tels que la possibilité de voter pour des couleurs de maillot, des accès à des opérations promotionnelles ou la possibilité de diffuser un message personnel dans l’enceinte du stade. « Ces jetons ont une utilité pour les fans : la gouvernance. Elle reste toutefois limitée, confirme Stanislas Barthelemi, analyste de la firme KPMG France. Il ne faut pas se méprendre : on demande de voter sur l’allure du bus du club ou la couleur du brassard de capitaine, pas de s’exprimer sur des décisions importantes. »

Malgré le silence des clubs et de Socios.com à ce sujet, l’intérêt de ces jetons réside moins dans cette interaction que dans leur caractère spéculatif car ils s’échangent aussi contre du bitcoin, de l’ether (la monnaie de la blockchain Ethereum) ou encore des monnaies traditionnelles. Ainsi, après un lancement public en 2018 sur la plate-forme Chiliz à un prix moyen d’environ deux euros, le PSG fan token s’apprécie aujourd’hui à environ 35 euros sur la plate-forme d’échanges de cryptomonnaies Binance.

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