L’Islande se pose en modèle de l’égalité salariale

Une femme travaille dans un hangar de distribution Amazon, à New York, le 5 février 2019.

Et si, désormais, ce n’était plus aux femmes de prouver qu’elles gagnent moins d’argent en raison de leur sexe, mais aux entreprises de justifier en amont que les écarts de salaire dans leurs effectifs ne sont pas liés au genre ? Depuis 2018, l’Islande applique cette « inversion de la charge de la preuve », et c’est une petite révolution. Le pays nordique détaillera comment celle-ci fonctionne – entre autres sujets –, lors de la deuxième édition de la Journée internationale de l’égalité de rémunération, organisée le 17 septembre.

Encore peu connu, cet événement a été créé à l’initiative de Reykjavik en 2019, sous l’égide de la Coalition internationale pour l’égalité salariale. Née en 2018, celle-ci rassemble l’Organisation internationale du travail, l’Organisation des Nations unies, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et une quarantaine d’autres membres, dont plusieurs pays, syndicats et entreprises. Son objectif : approfondir les mesures concrètes pour réduire les écarts de rémunération entre les sexes d’ici à 2030, et ce, sur tous les continents.

Cette année, au cours d’une série d’interventions retransmises en ligne, l’accent sera notamment mis sur les efforts à fournir après la pandémie de Covid-19. Car celle-ci a creusé un peu plus encore ces écarts de salaire, estimés à 20 % en moyenne dans le monde en 2019. En particulier dans les pays les plus fragiles, notamment en Amérique du Sud et en Afrique. « Beaucoup d’Etats ont adopté des lois en faveur de l’égalité salariale depuis plusieurs années déjà, mais même dans les économies industrialisées, cela ne suffit pas à faire bouger les pratiques », souligne Unnur Orradottir Ramette, ambassadrice d’Islande à Paris et déléguée permanente auprès de l’OCDE.

« Il nous reste beaucoup à faire »

En France, une telle loi date de 1972, mais il a fallu attendre 2018 pour que des mesures contraignantes s’imposent aux entreprises : celles de plus de 50 salariés doivent désormais publier sur leur site un « index de l’égalité professionnelle », sur 100 points, qu’elles doivent elles-mêmes calculer à partir de cinq indicateurs, comme l’écart de rémunération femme-homme ou le nombre de salariées augmentées à leur retour de congé maternité.

En Islande, pionnière sur le sujet, la première loi date de 1961. Le 14 octobre 1975, 90 % des Islandaises cessent toute activité au travail comme à la maison, pour défendre leurs droits. Cette journée qui a fait date dans l’histoire du pays a lancé une longue marche vers l’égalité.

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