Little Simz, Adrien Gallo, Matthew E. White, Estelle Perrault… Nos coups de cœur musicaux du moment

LA LISTE DE LA MATINALE

L’équipe de la rubrique Musiques du Monde vous propose une sélection d’albums qui ont été appréciés et chroniqués dans nos pages ou sur notre site Internet ces dernières semaines. Parmi eux, et dans l’ordre de leur commercialisation au mois de septembre, ceux de la rappeuse anglaise Little Simz, du DJ, producteur et compositeur Laurent Garnier avec le duo garage rock The Limiñanas, et ceux de l’Américain Matthew E. White ou encore de la chanteuse de jazz Estelle Perrault.

« L’Art de la fugue » de Jean-Sébastien Bach, par Filippo Gorini

« L'Art de la fugue » de Jean-Sébastien Bach, enregistré par le pianiste Filippo Gorini.

En dépit de son jeune âge, Filippo Gorini affiche une prédilection pour les œuvres écrites en bout de course par les géants de l’histoire de la musique. Après Beethoven, dont il a enregistré l’opus 111 pour Alpha Classics avec une exceptionnelle hauteur de vue, le pianiste italien de 26 ans passe à Bach et à son titanesque Art de la fugue.

Monument de contrepoint que beaucoup d’interprètes abordent comme une partie de dominos en se concentrant sur l’agencement des lignes, le cycle inachevé se présente ici comme une constellation de notes au rayonnement très particulier. Dans le livret, Gorini introduit chaque pièce par des « Préludes » poétiques de son cru. Du Contrapunctus 3, il prévient ainsi que « le chemin n’avance ni ne recule ». C’est exactement ce qui se produit dans cette page où le mouvement n’est jamais inféodé à un axe. Quant au parcours du cycle sous ses doigts irradiants, il commence par la célébration de l’esprit (génie de l’écriture) et s’achève dans la fête des sens (incarnation des sons). Du grand art. Pierre Gervasoni

2 CD Alpha Classics/Outhere Music (sortie le 3 septembre).

« Sometimes I Might Be Introvert », de Little Simz

« Sometimes I Might Be Introvert », le dernier album de la rappeuse Little Simz.

Little Simz est une taiseuse en entretien mais certainement une des meilleures rappeuses au monde, dépassant souvent certains de ces collègues et recevant dès le début de sa carrière les encouragements de Jay-Z ou de Kendrick Lamar.

De son vrai nom Simbiatu Abisola Abiola Ajikawo, celle que tout le monde appelle Simbi est née à Londres de parents nigérians, et a grandi dans le quartier d’Islington au nord de la métropole, pas loin du stade de football d’Arsenal. Dans le morceau introductif de son disque, Introvert, elle clame haut et fort en hommage entre autres à sa mère qui l’a élevée seule : « Je suis une femme noire, et fière de l’être. »

La vidéo d’Introvert a été tournée au Musée d’histoire naturelle de Londres, qui accueille les collections de l’explorateur James Cook et du naturaliste Charles Darwin, autant de vestiges de l’Empire colonial britannique. Dans le clip, des images d’émeutes urbaines, des chorégraphies de danseurs hip-hop dans le prestigieux hall central se mêlent aux œuvres. Dans la même lignée, elle puise aussi dans ses racines nigérianes pour le titre Point and kill et invite le jeune chanteur Obongjayar qui a grandi dans une ville portuaire au sud de Lagos.

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