« L’Opéra », sur OCS Max : pas de deux dans les coulisses de l’Opéra de Paris

Zoé (Ariane Labed) dans la série « L’Opéra ».

OCS MAX – MARDI 7 SEPTEMBRE À 20 H 40 – SÉRIE

Il est des séries fragiles dont l’équilibre ne tient qu’à un fil. L’Opéra est un de ces produits imparfaits qui séduisent par surprise. Le jury de la compétition française du Festival Séries Mania, qui s’est achevé jeudi 2 septembre à Lille, ne s’y est pas trompé en récompensant la discrète Ariane Labed, qui en interprète le rôle-titre. Elle est le principal atout de la création de Cécile Ducrocq et Benjamin Adam, qui met en scène les vicissitudes du corps de ballet de l’Opéra de Paris à travers les destinées contrariées de deux danseuses.

Genre tombé en désuétude malgré un passé glorieux (notamment grâce aux adaptations de comédies musicales), le film de danse fut magistralement ressuscité par Darren Aronofsky en 2011 avec Black Swan, qui fit de Natalie Portman un cygne noir psychotique inoubliable. La tentation est grande de marcher dans ses traces, et si L’Opéra ne s’y risque heureusement pas, la série nourrit quand même l’ambition de profiter du « retour de hype » dont bénéficie ce milieu, plutôt connu pour son conservatisme, depuis quelques années.

Le passage de Benjamin Millepied entre les murs de l’institution, entre 2014 et 2016, n’est pas étranger à ce revival en France : le personnage du directeur de la danse de L’Opéra, joué avec élégance par Raphaël Personnaz, est très largement inspiré de lui. Les scénaristes ont poussé le clin d’œil jusqu’à lui adjoindre une assistante rappelant celle de Millepied à l’Opéra de Paris, découverte dans le documentaire Relève : Histoire d’une création, réalisé par Thierry Demaizière et Alban Teurlai en 2015. Relève révélait aux yeux du profane que l’Opéra est un lieu de travail comme un autre avec ses conflits, ses hiérarchies, ses injustices et ses mesquineries. Cécile Ducrocq et Benjamin Adam adoptent un parti pris identique en filmant comme un drame social le combat de Zoé (Ariane Labed), danseuse étoile à la carrière vacillante, pour échapper au licenciement.

Sous-intrigue maladroite

La série aurait pu s’en tenir à ce récit rigoureux d’un conflit employeur-employé, mais elle s’égare dans une sous-intrigue maladroite autour d’une jeune danseuse noire, qui semble avoir été posée là pour satisfaire les sensibilités bien-pensantes du moment. Le parcours de la jeune Flora (Suzy Bemba), embauchée comme « surnuméraire » dans le corps de ballet, aurait sans doute mérité une série à part entière plutôt que cet alignement de scènes convenues, récit démonstratif des humiliations que subit une danseuse de couleur au sein d’une troupe majoritairement blanche. Il n’était sans doute pas nécessaire de convoquer tous les clichés qui collent à la peau du milieu – maître de ballet ténébreux, jalousies, arrogance des meilleurs… – pour traiter d’un sujet aussi brûlant que la diversité du répertoire et du corps de ballet.

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