L’UE donne son feu vert à l’interdiction du colorant E171 dès 2022

Les Etats de l’Union européenne (UE) ont donné, vendredi 8 octobre, leur feu vert pour interdire dès 2022 le colorant E171 (dioxyde de titane) comme additif alimentaire, après une remise en cause de sa sécurité par le régulateur européen.

Le E171, composé de particules de dioxyde de titane sous forme de poudre, est utilisé dans de nombreux produits alimentaires – confiseries, chewing-gums, pâtisseries, soupes ou plats cuisinés – pour ses propriétés colorantes (pigment blanc) et opacifiantes.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait estimé début mai que l’E171 ne pouvait plus être considéré comme « sûr » en tant qu’additif alimentaire, car si l’absorption des particules de dioxyde de titane est faible, « elles peuvent s’accumuler dans l’organisme ».

Le régulateur, qui avait mené son étude à la demande de Bruxelles, avait donc jugé ne pas pouvoir exclure la « génotoxicité » du composant, c’est-à-dire sa capacité à endommager l’ADN, le matériel génétique des cellules.

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Le texte devrait entrer en vigueur « début 2022 »

Dans la foulée, la Commission européenne a proposé d’interdire l’E171 dans l’alimentaire sur tout le territoire de l’Union, un projet approuvé vendredi par les représentants des Vingt-Sept, a annoncé l’exécutif européen dans un communiqué.

Sauf objection émise d’ici à la fin de l’année par le Conseil (l’institution représentant les Etats) ou le Parlement européen, le texte entrera en vigueur « début 2022 », avec une transition de six mois à l’issue de laquelle l’interdiction sera totale pour l’usage dans les produits alimentaires.

Pour l’instant, l’industrie pharmaceutique – qui utilise également le colorant E171 dans la confection de médicaments – ne sera pas concernée par l’interdiction, de façon à « prévenir toute pénurie » de produits médicaux.

Le feu vert des pays membres est « l’ultime clou dans le cercueil du dioxyde de titane comme additif alimentaire », s’est réjouie Camille Perrin, une responsable du Bureau européen des unions de consommateurs. « Dans la plupart des Etats européens, l’E171 avait déjà largement disparu de la composition des produits alimentaires, mais on le trouvait encore dans certains chewing-gums, friandises et décorations pour gâteaux », a-t-elle observé.

Le conseil supérieur de la santé belge considère le dioxyde de titane comme « cancérigène possible », et la France l’avait interdit l’année dernière comme additif alimentaire pour un an. Des chercheurs avaient établi qu’il pouvait provoquer des lésions précancéreuses chez des rats. En France, l’UFC-Que choisir avait regretté que cette interdiction ne concerne pas la présence du dioxyde de titane dans les médicaments ainsi que dans les cosmétiques, dans la composition desquels il est également employé.

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Le Monde avec AFP