L’UFC-Que choisir porte plainte contre McDonald’s pour des « pratiques commerciales trompeuses » visant les enfants

McDonald’s France aurait fait appel à de jeunes influenceurs pour mettre en avant ses produits sur Youtube, sans mentionner l’existence d’un partenariat commercial. L’enseigne de restauration rapide est visée par une plainte pour « pratiques commerciales trompeuses » déposée par UFC-Que choisir, a annoncé l’association de consommateurs mercredi 13 octobre dans un communiqué.

Sur ces vidéos, des enfants influenceurs, parmi lesquels Neo & Swan – une chaîne Youtube suivie par plus de 5,7 millions de personnes –, jouent à recréer un restaurant McDonald’s à la maison (renommé pour l’occasion « McSwan’s »), « munis d’impeccables emballages estampillés McDo, ou déballent des colis “surprises” dont ils ne manquent pas, entre deux remerciements appuyés à leur généreux bienfaiteur, de détailler les jouets à retrouver dans les Happy Meal… avec rappel des dates de disponibilité », relate l’association de consommateurs. Le Monde a pu également constater l’absence de message indiquant que la vidéo est une communication commerciale.

« Or, dissimuler la nature publicitaire d’un message, laissant ainsi croire, à la communauté d’un influenceur à un conseil désintéressé, est une pratique commerciale trompeuse sanctionnable », rappelle l’association dans un communiqué publié mercredi.

Pour McDonald’s, il s’agit d’une « plainte abusive, à destination médiatique, qui ne reflète absolument pas la nature de (ses) pratiques », a affirmé le groupe dans une réaction transmise à l’Agence France-Presse. Celui-ci a déclaré qu’il réfléchissait à déposer une plainte « pour poursuite abusive ».

Des enfants « moins armés » face à des messages publicitaires cachés

En juillet, une affaire similaire a valu à l’influenceuse et star de la télé-réalité Nabilla Benattia-Vergara une amende de 20 000 euros, pour avoir fait la promotion de services boursiers sur Snapchat sans mentionner qu’elle était rémunérée pour cela. « Le défaut d’indication du caractère publicitaire de sa publication (par un logo ou une mention orale ou écrite, par exemple) constitue une pratique commerciale trompeuse à l’encontre de ses abonnés, qui peuvent croire à tort que la promotion de l’influenceuse résulte d’une expérience personnelle positive désintéressée », avait alors soulignéla direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dans son communiqué.

Et d’ajouter :

« Les publications des influenceurs sur les réseaux sociaux sont (…) susceptibles d’avoir une incidence significative sur le comportement économique des personnes qui les suivent et ne doivent donc pas tromper les consommateurs. »

Pour l’UFC-Que choisir, « la perfidie d’un tel manque de transparence s’accroît si la communauté ciblée est composée d’enfants, moins armés que les adultes face à des messages publicitaires cachés ».

En avril dernier, McDonald’s avait déjà assuré à l’association « ne jamais réaliser aucun partenariat avec des mineurs âgés de 17 ans ou moins, ou [avec] des parents mettant exclusivement en avant leurs enfants sur leur chaîne ». Le groupe dit avoir également « proposé à plusieurs reprises des échanges pour répondre à toutes les questions de l’association de consommateurs », sans succès.

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Le Monde