Lugano, au fil de l’eau

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Publié aujourd’hui à 18h00

Lugano est le berceau du concours Eurovision. Ça n’est pourtant pas Refrain, la chanson qui a gagné cette année-là, en 1956, qui vient immédiatement en tête en arrivant ici, mais plutôt du Nino Ferrer : « On dirait le Sud. Le temps dure longtemps… » C’est sûr, on aimerait y rester « plus d’un million d’années » dans cette ville suisse du canton du Tessin, nichée au pied des Alpes, lovée au bord d’un lac aux eaux éblouissantes, qui offre des milliers de possibilités de se noyer dans l’horizon. Un spectacle grandeur nature qui se découvre au fil de l’eau.

Sur la rive nord du lac de Lugano, au milieu (ou presque) duquel coule une frontière – avec l’Italie –, la ville de près de 65 000 habitants est d’abord un festival de couleurs qui saute aux yeux dès la sortie de la gare, rouge écarlate. Nuances de rose, de jaunes, de bleus, les façades des maisons à l’architecture baroque ou néoclassique donnent à la ville un charme méditerranéen qui s’entend dans les rues. Ici, on parle principalement l’italien, l’une des quatre langues utilisées en Suisse. Le bleu turquoise ou le vert céladon de l’eau, selon les saisons, complètent la palette.

La promenade au bord du lac, à Lugano.

La promenade qui épouse les courbes du lac, d’une superficie totale de 48,7 kilomètres carrés, est la meilleure des façons de s’en délecter. Abritée d’une double rangée d’arbres, des tilleuls et des marronniers, parsemée de bancs rouges, de chaises longues bleues, de pédalos orange, elle est une invitation à la déambulation, du parc Ciani à Paradiso (et vice-versa, on ne s’en lasse pas).

Difficile de quitter le monte Brè tant la vue est captivante, mais d’ici on peut retourner au niveau de l’eau (du lac) en rejoignant à pied Gandria

L’ancien domaine de Giacomo et Filippo Ciani, banquiers et commerçants d’origine milanaise qui se sont installés à Lugano en 1833, s’étend sur 63 000 mètres carrés. Il est le poumon vert de la ville – flanqué d’une villa rose saumon –, le rendez-vous des balades dominicales au milieu de chênes et d’érables centenaires, des photos souvenirs pour les voyageurs de passage.

Sa plage, elle, est très prisée pour admirer le coucher du soleil. A l’opposé, à près de 2 kilomètres de là, Paradiso est une ville à part entière, avec ses hôtels 5 étoiles, ses appartements luxueux et son jet d’eau de 50 mètres de haut mis en service en 2004 pour l’Année internationale de… l’eau.

Funiculaires et sensations fortes

Pour admirer ce décor d’en haut, il y a les montagnes qui embrassent la ville, toutes deux accessibles à pied : le monte San Salvatore et le monte Brè. Considéré comme le sommet « le plus ensoleillé de toute la Suisse », ce dernier culmine à 928 mètres d’altitude, que l’on atteint en empruntant deux funiculaires. Le premier, embarquement via Pico, ouvert en 1908, est automatique. Vue du quai, la pente est forte, très forte. En tout cas pour les sujets aux vertiges, qui sont invités à se concentrer sur leurs pieds, même si le trajet dure cinq minutes. Les autres peuvent, dès les premiers mètres, admirer le panorama. Et le meilleur est à venir…

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