« L’univers des cryptomonnaies doit se soumettre aux règles antiblanchiment »

La commissaire européenne aux services financiers, Mairead McGuinness, le 19 janvier 2021, à Bruxelles.

Face à la montée en puissance des fintech et des cryptomonnaies, Bruxelles s’attelle à renforcer son arsenal législatif, explique la commissaire européenne aux services financiers, Mairead McGuinness. Elle souligne également le rôle que peut jouer la taxonomie des activités durables déployée par la Commission pour aiguiller les investissements vers la transition écologique.

L’essor des cryptomonnaies vous inquiète-t-il ?

Les innovations dans ce secteur vont très vite, et nos régulations doivent suivre le rythme. L’univers des cryptomonnaies est comme un monde parallèle, où certains investissent et d’autres spéculent. L’enjeu n’est pas d’instaurer une protection des consommateurs paternaliste, mais de nous assurer que ceux plaçant leurs économies sur ces cryptomonnaies comprennent bien que, dans certains cas, il y a de grands risques. La Commission européenne a formulé trois grandes propositions pour renforcer la régulation du secteur.

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L’une d’entre elles porte sur la création d’un régime pilote pour les infrastructures de marché fondées sur la technologie des « registres distribués » [DLT, une technologie sur laquelle reposent certaines cryptomonnaies, notamment]. Sous ce régime, des innovations financières pourront être développées et testées sous l’œil des régulateurs, mais sans que ceux-ci ne leur imposent des règles incompatibles avec l’utilisation de la DLT. L’idée est d’encourager l’innovation, essentielle pour garder les jeunes talents en Europe, tout en étant vigilant concernant les risques potentiels sur la stabilité financière.

Les grandes plates-formes d’échanges de cryptomonnaies ne sont pas européennes, certaines jouent à cache-cache avec les autorités financières. Comment mieux les réguler ?

En combinant les efforts des régulateurs nationaux et européens pour avoir une vision la plus complète possible du système financier dans son ensemble. Nous sommes également en train de mettre à jour nos règles de transparence des transactions financières et de lutte antiblanchiment, afin qu’elles s’appliquent au secteur des crypto-actifs, où l’anonymat des échanges ne doit plus être possible.

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Le débat actuel sur le respect de la vie privée ne doit pas occulter une chose : il est dans l’intérêt public de s’assurer que ceux utilisant les cryptomonnaies le font pour des raisons légitimes. Lors des cyberattaques menées ces derniers mois, notamment contre le système de santé de certains pays membres, certaines demandes de rançon étaient exigées en cryptomonnaies, précisément parce qu’elles sont plus difficiles à tracer. Soyons clairs : la finance traditionnelle comme l’univers des cryptos doivent se soumettre aux règles antiblanchiment.

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