Lyon retrouve ses festivals et le chemin des spectacles

Représentation d’« Alarm Clocks », de Robyn Orlin, avec Camille, aux Nuits de Fourvière, à Lyon, le 1er juin 2021.

Pour une reprise, c’est une reprise. Comme au saut du lit et plutôt mal réveillée, Camille débarque sur le plateau du Grand Théâtre de Fourvière et repart aussi sec. Faux départ ? Costume oublié ? Trop d’émotions ? Applaudissements dans le public, youyous légers, elle rapplique et ça démarre. En combi mi-sport, mi-paillettes, pieds nus, la chanteuse a lancé l’ouverture conjointe, mardi 1er juin, des Nuits de Fourvière et de la Biennale de la danse de Lyon avec Alarm Clocks, spectacle mis en scène par la chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin. Quelques minutes plus tard, alors qu’un de ses gags prend l’eau pendant qu’elle fait semblant d’être un poisson, Camille interpelle gentiment les spectateurs pour leur rappeler que « c’est la reprise pour tout le monde ! », manière de dire qu’elle rame un peu et qu’elle a besoin « qu’on soit plus engagé dans ses jeux concours ». Rires immédiats. Alors, phoque ou baleine ? Dauphin ! On est là, Camille !

Etrange et douce soirée en pleine lumière que ce concert en solo, à 19 h 30 pour cause de couvre-feu à 21 heures, d’un des plus importants festivals pluridisciplinaires français. Dominique Delorme, patron d’une manifestation qui fête son 75e anniversaire jusqu’au 30 juillet, parlait, en introduction, de « retrouver son souffle ». Eh bien, c’est fait, et tranquillement. Paradoxalement, les 999 spectateurs, qui se sont installés sans précipitation dans l’arène en pierre, dont la jauge ordinaire est de 3 000 personnes, ne semblent pas trop clairsemés. Ils sont à l’écoute de l’humour cocasse de Camille, de ses sautes d’humeur, sans tomber dans le participatif hurleur. Des salves d’applaudissements, très chaleureux, salueront la performance.

Jauge à 35 %

Reprise, donc, dans tous les sens du terme, de raccommoder à réparer, en passant par rabibocher. Camille raconte et commente en direct, le plus souvent allongée sur un immense patchwork face à une caméra qui la filme en gros plan, l’histoire de cette production qui devait être créée en 2020. Alarm Clocks, quatrième collaboration de Camille et Robyn Orlin, est un spectacle sur l’eau, mais sans eau, à sa façon discrètement écologique. Il devait s’appuyer sur le chœur sud-africain masculin des Phuphuma Love Minus, mais se fait finalement sans lui, pour cause de fermeture des frontières d’Afrique du Sud : deux vidéos rappellent leur talent. Il est annoncé comme un concert de Camille, mais ne lui ressemble pas tout à fait, car sans musiciens.

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