Maintenu sous assistance, le tourisme long-courrier retrouve de l’oxygène

Vue aérienne de New York, le 5 août 2021.

C’est un salon qui ouvre des perspectives, et ce qui est un plus dans l’immobilier était devenu vital pour l’économie du voyage. Rendez-vous des professionnels du tourisme différé depuis le début de la pandémie, le salon IFTM Top Resa, du 5 au 8 octobre, marque la fin d’un long hiver pour les agences de voyages et tour-opérateurs.

L’organisation du salon à la porte de Versailles, à Paris, coïncide avec l’annonce de la réouverture des frontières américaines à partir du 1er novembre. « Avec les Etats-Unis, l’île Maurice [1er octobre], et avant les Antilles, on a énormément de signes positifs, se réjouit René-Marc Chikli, président du Syndicat des entreprises du tour-operating (SETO). On va avoir plein d’ouvertures d’ici à la fin de l’année. Or, dès qu’une destination rouvre, les réservations suivent. »

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Le 1er octobre, une vingtaine de clients du tour-opérateur Exotismes ont débarqué sur l’île Maurice, rouverte ce jour. Gilbert Cisneros, PDG du groupe, était heureux comme un restaurateur de Port-Louis : pour lui, c’est un quart de son chiffre d’affaires qui redevient accessible. L’accès au vaccin a incité l’île, verrouillée depuis mars 2020, à abandonner sa stratégie zéro Covid. « En termes de prise de réservations, on est aujourd’hui à 80 % du niveau de 2019, explique M. Cisneros. Ce ne sera pas une mauvaise année si les choses continuent dans ce sens-là. » La Thaïlande, qui rouvre ses provinces au compte-gouttes, sera la prochaine destination majeure à redevenir accessible, vraisemblablement en novembre.

« Concentration »

Pour les spécialistes du long-courrier, il était temps. A l’été 2021, comme en 2020, les tour-opérateurs n’ont engrangé que la moitié des recettes de l’été 2019. La Grèce et les îles – Canaries, Baléares, Sicile – ont tiré le marché, ainsi que la France, qui ne s’est jamais aussi bien vendue en agence de voyages. En revanche, les habituelles destinations reines du mois d’août ont manqué : Maroc, Tunisie et Turquie. La République dominicaine et les Antilles françaises se sont bien vendues, mais l’irruption du variant Delta a interrompu l’été bien trop tôt.

« Les Français cherchent un interlocuteur identifié et sécurisant mais recherchent d’abord en ligne » Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage

La reprise sera hétéroclite en fonction des destinations et des typologies d’agences. « Le niveau des réservations pour la fin de l’année est à – 50 % pour octobre et novembre et – 40 % pour décembre, mais certains dépassent leur activité de 2019 et d’autres n’ont quasiment rien », détaille Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage. Il identifie ainsi les grands vainqueurs de la crise : les enseignes ayant une forte notoriété et dotées d’une bonne distribution en ligne, au détriment des petites agences de quartier et des acteurs uniquement en ligne. « Les Français cherchent un interlocuteur identifié et sécurisant mais recherchent d’abord en ligne », observe-t-il. Conséquence : « On va vers davantage de concentration. »

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